Compte à rebours avant l'ouverture de Marseille-Provence 2013, le 12 janvier

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 21/10/2012 à 12H02
Marseille-Provence 2013

Marseille-Provence 2013

© Anne-Christine Poujoulat / AFP

C'est par une "grande clameur", des sirènes des bateaux aux cloches des églises, que s'ouvrira le 12 janvier à Marseille la capitale européenne de la culture, dont les nombreux chantiers, qui émaillent la ville, seront prêts à temps, assurent les organisateurs.

"Parade des lumières" à la tombée de la nuit, puis cette vague sonore, à la  fois "spontanée et organisée" - une cartographie des différentes clameurs sera  proposée au public, avec répétitions avant le jour J - et enfin, festivités  nocturnes dans un centre-ville élargi devenu pour l'occasion piétonnier:  demandez le programme!

Auparavant, sera inauguré un parcours d'art contemporain à Aix-en-Provence, dans une dizaine de rues, places et bâtiments, détaille Jean-François Chougnet, directeur de l'association en charge du projet. Au menu du lendemain, des chasses au trésor dans 20 communes du département et le soir, un spectacle pyrotechnique du groupe F sur les berges du Rhône à Arles.

Au fil de ce premier acte (janvier-mai) de l'année Capitale, lancé plus de quatre ans après le succès de la candidature et une genèse difficile, habitants et touristes pourront découvrir de nouveaux lieux, comme le J1, immense hangar sur les quais du port de Marseille, ou la Tour-Panorama de la friche de la Belle de Mai.

Le Mucem (Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée), en  tant qu'objet architectural de Rudy Ricciotti, ouvrira aussi ponctuellement ses portes, même si la première exposition ne s'y tiendra qu'en juin.

Une programmation sur les rails donc, selon Jean-François Chougnet, qui émet toutefois un "gros regret": l'abandon de l'exposition sur Albert Camus, censée être un temps fort de la manifestation et qui a finalement avorté après de nombreux rebondissements, révélateurs des "passions" que suscite encore l'Algérie. Éviction de l'historien Benjamin Stora, retrait de l'Etat, coup de gueule  du nouveau commissaire proposé, le philosophe Michel Onfray, face à "cette  pétaudière"... au final, la ville d'Aix devra se contenter d'une valorisation  du fonds Camus déposé à la Cité du livre.

Faire oublier les Kalachnikov

Au-delà de l'aspect artistique, l'ensemble du territoire concerné par l'aventure - 90 communes des Bouches-du-Rhône - sera-t-il prêt à accueillir la dizaine de millions de visiteurs attendue ? La mise en place, fin septembre, par le préfet d'une instance de concertation entre collectivités avait semé le doute. Vendredi, Hugues Parant a cherché à rassurer lors une conférence de presse commune avec le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin.

"Le rôle de l'Etat n'est pas de remettre en cause tout ce qui a été fait, mais de rappeler certaines choses. Nous disons: attention, ça va durer une année, il ne faut pas que l'énergie du début s'épuise", a souligné Hugues Parant. Trois axes de travail ont ainsi été définis: sécurité, communication et accompagnement des touristes (transports, signalétique commune, recrutement de  bénévoles...).

Du côté des chantiers, principalement concentrés à Marseille, dont le  Vieux-Port vit depuis mars dans la poussière des travaux, "nous n'avons pas la moindre inquiétude", a insisté le préfet. A l'unisson de Jean-Claude Gaudin qui a promis  la livraison "dans les temps impartis" des équipements, appelant à "revenir à  la positive attitude". "Ne nous parlez pas toujours des meurtres entre  voyous!", a lancé le sénateur.

Alors Marseille-Provence 2013 réussira-t-elle à faire oublier les Kalachnikov ? Pour Jean-François Chougnet, l'actualité récente a finalement "mis un coup de projecteur" salutaire sur la deuxième ville de France en élargissant le débat au-delà de la "rubrique faits-divers", et plus que jamais donné l'envie d'un nouvel élan.