"Apostrophes", émission phare de la télévision aurait eu 40 ans cette année

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/01/2015 à 11H59, publié le 17/01/2015 à 12H00
L'un des moments forts d'"Apostrophes", la visite du Dalaï Lama en 1989, peu de temps avant son Nobel de la Paix.

L'un des moments forts d'"Apostrophes", la visite du Dalaï Lama en 1989, peu de temps avant son Nobel de la Paix.

© Ginies/Sipa

Il y a quarante ans presque jour pour jour, le 10 janvier 1975, Bernard Pivot présentait la première d'"Apostrophes" sur Antenne 2. Pendant quinze ans, l'émission littéraire a fait et défait les carrières. Débats houleux, échanges inattendus...Des moments de télé inoubliables qui ont profondément marqué des générations de Français.

Reportage : V.Gaget / C.Rougerie / C.Robillard / L.Ledu / B.Gazet
Quelques notes du concerto pour piano n°1 de Rachmaninov. Un générique immédiatement reconnaissable. De janvier 1975 à juin 1990, "Apostrophes" a fait souffler un vent de liberté sur le monde de la Culture. Liberté de ton, liberté de ne pas être d'accord aussi avec les canons de la littérature. Ecrivains, chanteurs, politiques...on se bousculait pour venir s'asseoir à la table de Monsieur Pivot, y compris lorsqu'on était président de la République ou futur président  : François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing furent tous les deux invités respectivement en 1975 et 1979.

Bernard Pivot, faiseur de talents

Bernard Pivot, amoureux des belles lettres mais aussi de l'actualité, n'hésitait pas à confronter les personnages les plus opposés : Brassens l'anti-militariste convaincu face au Général Bigeard, Jean-Edern Hallier l'intellectuel face au bouillant Dany Cohn-Bendit. Des face à face marquants, de belles rencontres aussi avec Soljenitsyne ou les deux Marguerite, Yourcenar et Duras. "Apostrophes", qui a rassemblé jusqu'à 12% des téléspectateurs, a également révélé de nombreux auteurs. S'il ne fallait en citer que deux, ce serait sûrement Jean-Marie Le Clézio et Patrick Modiano aujourd'hui Nobels de Littérature.