St Malo rend hommage à Jack Kerouac et aux écrivains voyageurs

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 25/05/2012 à 13H00
Sam Riley et Garett hedlund dans "Sur la route" de Walter Salles

Sam Riley et Garett hedlund dans "Sur la route" de Walter Salles

© MK2 Diffusion

Ce film adapté du livre de Jacques Kerouac, œuvre phare de la Beat Génération, publié en 1957, est l’un des événements du Festival "Etonnants Voyageurs", du 26 au 28 mai à Saint Malo. Projection samedi 26 mai, Cinéma le Vauban. Et dimanche 27 mai, toute un après-midi est consacré à la littérature voyageuse, avec à l'honneur cette année : Bruce Chatwin et... Jack Kerouac (Théâtre Chateaubriand à 14 h).

De Walter Salles (Etats-Unis/France/Grande-Bretagne/Brésil), avec : Sam Riley, Garrett Hedlund, Kristen Stewart, Kirsten Dunst, Tom Sturridge, Viggo Mortensen - 2h20 - Sortie : 23 mai

Synopsis : Au lendemain de la mort de son père, Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la très libre et très séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes.

"Sur la route" : la bande-annonce

De Walter Salles, avec Garrett Hedlund, Sam Riley - 2h20 - sortie : 23 mai 2012 Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur. Ils décident de partir à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes en compagnie de Marylou, la très libre femme de Dean.

Inadaptable
Détenteur des droits de « Sur la route » de Jack Kerouac depuis 1968, Francis Ford Coppola aura attendu 44 ans pour voir l’adaptation du livre phare de la beat generation arriver sur les écrans. Coppola pense d’abord réaliser le film, mais s’enlise dans les problèmes d’écriture. Il propose le projet à Jean-Luc Godard qui décline l’invitation. Il se tourne vers Gus Van Sant, à qui, c’est vrai, le sujet irait très bien, mais qui se casse les dents dessus : le roman acquiert la réputation d’être inadaptable.
Il est pourtant éminemment cinématographique : la route, les paysages, les sentiments défilent au rythme d’une bobine de film. Kerouac y aurait pensé dès 1957 et contacté Marlon Brando pour qu’il s’attaque à son adaptation.
Quand Coppola voit en 2004 « Carnet de voyage » du Brésilien Walter Salles, sur le périple à moto de Che Guevara en Amérique du sud avant la révolution cubaine, il sent qu’il a trouvé l’oiseau rare. Salles s’atèle à la tâche avec le scénariste José Riverra qui signe finalement le script. Coproduction internationale, la France participe à hauteur de 90% du budget. Au résultat : une transposition réussie, où le roman est largement respecté.

Film projeté en Compétition officielle.

Film projeté en Compétition officielle.

© MK2 Diffusion

Paradoxe
Livre bourré d’ambiances, d’atmosphères - au-delà du brûlot sexe/drogue/alcool/Be Bop auquel il est souvent réduit - c’est le travail sur l’image qui permet de transcrire le talent romanesque de Kerouac. De New-York, au Mexique, via Denver et San-Francisco, on la sent cette route, cette ligne blanche qui semble sans fin, synonyme d’un destin libertaire.
On les voit ces cieux au-dessus du « big country », à l’ouest toute ; on ressent l’émotion du Be Bop sous l’influence de narcotiques autorisés ou non. La musique est de ce point de vue particulièrement réussie. On reconnaît Alan Ginsberg (alias Carlo Marx – Tom Sturridge), William Burroughs (alias Old Bull Lee – Viggo Mortensen). Et surtout, on la sent cette amitié entre Jack Kerouac (alias Sal Paradise - Sam Riley) et Neal Cassady (alias Dean Moriarty – Garrett Hedlund), moteur de cette errance, synonyme de liberté et de rupture avec la cadre convenu de l’establishment.

D’une facture classique, c’était sans doute la meilleure approche à concevoir pour transmettre ce qui est apparu en 1957 comme une œuvre provocante. Un paradoxe qui renvoie à l’évolution des mœurs depuis, même si elle régresse ostenticiblement depuis les années 80-90. Peut-être que cette distance passe par la présence de l’actrice culte de « Twilight , Kristen Stewart, égérie des adolescents, qui vont découvrit leur héroïne romantique, éprise de sexe, d’alcool et de drogue. Comme quoi on reste loin des origines quakers des romans de Stephenie Meyer. « Sur la route » ou « L’invitation au voyage ».