Valls salue Elie Wiesel, "homme d'honneur attaché à l'honneur de l'homme"

Par @Culturebox
Mis à jour le 12/07/2016 à 10H07, publié le 12/07/2016 à 10H06
Elie Wiesel en 2015 aux Etats-Unis

Elie Wiesel en 2015 aux Etats-Unis

© WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Manuel Valls a salué lundi Elie Wiesel, "un homme d'honneur attaché à l'honneur de l'homme", lors d'une cérémonie d'hommage à l'écrivain, rescapé de l'Holocauste et Prix Nobel de la Paix, à l'Hôtel de ville de Paris. Il est décédé aux États-Unis le 2 juillet à l'âge de 87 ans

"Elie Wiesel était une bonne conscience (...) un homme intègre, un homme d'honneur attaché à l'honneur de l'homme", a déclaré Manuel Valls devant de nombreuses personnalités réunies en hommage à l'écrivain disparu, notamment la maire de Paris Anne Hidalgo, le Grand rabbin de France Haïm Korsia, l'archevêque de Paris le cardinal André Vingt-trois, ou encore Izio Rosenman, qui fut compagnon de déportation d'Elie Wiesel.
Né en Roumanie, déporté à 15 ans à Auschwitz-Birkenau, puis recueilli en France à sa sortie des camps par l'Oeuvre de secours aux enfants, Elie Wiesel a fait des études de philosophie à la Sorbonne, avant de devenir journaliste et écrivain. Il a consacré sa vie à la mémoire de la Shoah et à la dénonciation des persécutions dans le monde, et est devenu Prix Nobel de la Paix en 1986. 

"En parler est infaisable mais se taire est impossible : voilà l'immense paradoxe auquel Elie Wiesel a voulu tout a long de sa vie se confronter. Il fallait, pour cela, infiniment de talent" mais aussi "l'expérience totale de la souffrance" et "une foi inébranlable en l'homme", a affirmé Manuel Valls. S'il "pensait en yiddish" et priait "en hébreu", Elie Wiesel "écrivait en français", une langue devenue pour lui "synonyme de liberté", a rappelé le Premier ministre. Une langue qui lui a permis de "dire l'horreur" et rompre "le silence" : "celui de la pudeur des victimes, de la mauvaise conscience de ceux qui n'avaient pas bougé (...) ou au contraire furent des complices", a-t-il dit.

L'écrivain combattait aussi "les autres maux du monde" avec "un inépuisable sentiment de révolte contre l'injustice, l'indifférence, la lâcheté", a poursuivi M. Valls. "Dans une époque faite de tant de fracas (...) Elie Wiesel savait nous rappeler à nos devoirs et à nos exigences", a-t-il dit, appelant à "poursuivre ses combats", notamment en s'engageant contre le groupe Etat Islamique en Syrie et en Irak, contre les "persécutions que subissent des peuples", ou en luttant contre "le racisme et l'antisémitisme" et "la théorie du complot". 

"Très émue", Anne Hidalgo a aussi salué "un immense humaniste", "conteur magnifique" et "intellectuel d'exception", resté "toute sa vie lié à la France et à Paris". "Nous pleurons un de ces êtres chers, rares, dans lesquels l'humanité entière se reflète", qui "a vécu dans sa chair l'éclipse de l'essentiel, notre humanité, et n'a cessé d'incarner cette humanité et de la défendre", a-t-elle dit.