Une promotion du livre de Malala annulée sous les pressions au Pakistan

Par @Culturebox
Publié le 28/01/2014 à 14H05
Malala  Yousafzai à l'émission "Menschen, Bilder, Emotionen" de la chaîne de la télévision allemande RTL in Huerth, en décembre 2013 

Malala  Yousafzai à l'émission "Menschen, Bilder, Emotionen" de la chaîne de la télévision allemande RTL in Huerth, en décembre 2013 

© HENNING KAISER / DPA / dpa Picture-Alliance/AFP

Une rencontre de lancement de l'autobiographie de la jeune militante pakistanaise pour l'éducation, Malala Yousafzai, dans sa région du nord-ouest, a été annulée sous la pression du gouvernement local, ont indiqué mardi à l'AFP les organisateurs de l'événement et les autorités.

Une rencontre de lancement de l'autobiographie de la jeune militante pakistanaise pour l'éducation, Malala Yousafzai, dans sa région du nord-ouest, a été annulée sous la pression du gouvernement local, ont indiqué mardi à l'AFP les organisateurs de l'événement et autorités. la jeune fille était donnée par beaucoup comme Prix Nobel de la Paix 2013, celui-ci revenant finalement à à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).
En octobre dernier, elle a publié un livre intitulé "Je suis Malala", qui devait être présenté lundi au centre d'études régionales de l'université de Peshawar, la grand ville du nord-ouest. Malala, toujours menacée dans son pays, ne devait pas y participer.
Malala Yousafzai à l'ONU le 29 ocotbre 2013
La rencontre a été annulée après que la police locale a refusé d'en assurer la sécurité, selon les organisateurs. "Nous avons dû le faire sous la pression des ministres provinciaux et du vice-président de l'université", a déclaré Sarfaraz Khan, directeur du centre d'étude, ajoutant avoir reçu de nombreux appels téléphoniques en ce sens.
"Lorsque j'ai refusé de suivre leur ordre (d'annulation) illégal, la police a refusé d'en assurer la sécurité", a-t-il ajouté.
Peshawar est la capitale de la très instable province de Khyber Pakhtunkhwa (KPK), la région d'origine de nombreux talibans.
Le gouvernement de KPK est dirigé par le Parti de la justice (PTI) de l'ancienne star de cricket pakistanais Imran Khan. Son ministre provincial de l'Information, Shah Farman, a confirmé à l'AFP que son administration avait fait annuler l'événement "pour de nombreuses raisons", estimant notamment que ses organisateurs ne l'avaient fait que pour "recevoir davantage d'aide des Etats-Unis".
"Moi, Malala, je lutte pour l'éducation et je résiste aux talibans" raconte l'histoire de la jeune fille et la vie sous les talibans, qui avaient instauré de 2007 à 2009 un régime islamiste qui a fini par verser dans la terreur dans sa vallée de Swat (nord-ouest).
Alors qu'il a reçu un écho favorable en Occident, le livre a été accueilli de manière plus mitigée au Pakistan, où des cercles religieux conservateurs accusent Malala et son influent père d'être des "espions américains".
En novembre dernier, une fédération d'écoles privées pakistanaises avait interdit à ses membres d'acheter l'ouvrage en raison de son "contenu hostile au Pakistan et à l'Islam".