Une lettre de Proust évoquant les ébats de ses voisins adjugée pour 28.000 euros

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/04/2017 à 10H17, publié le 25/04/2017 à 13H05
Marcel Proust, 1896, photo de Wegener Otto 

Marcel Proust, 1896, photo de Wegener Otto 

© LEEMAGE

"Les voisins dont me sépare la cloison font l'amour tous les jours avec une frénésie dont je suis jaloux." Dans une missive envoyée à son ami Jacques Porel, Marcel Proust se plaint en ces mots des nuisances sonores de ses voisins. La lettre, mise aux enchères mercredi à Drouot, est partie pour 28.336 euros.

La lettre, datée du 15 juillet 1919, est adressée par l'écrivain à son ami Jacques Porel, le fils de l'actrice Réjane dont il sous-louait l'appartement. Elle faisait partie des 307 lots issus de la bibliothèque de l'ancien banquier genevois Jean Bonna, mis en vente mercredi chez Drouot à Paris par Pierre Bergé & Associés avec la maison Sotheby's. Elle était estimée entre 6000 et 8000 euros. 
 

"J'envie ces gens"

L'écrivain raconte que ses voisins "font l'amour tous les deux jours". "Quand je pense que pour moi cette sensation est plus faible que celle de boire un verre de bière fraîche, j'envie ces gens qui peuvent pousser des cris tels que la première fois j'ai cru à un assassinat", écrit l'écrivain.
 
"Mais bien vite le cri de la femme, repris une octave plus bas par l'homme, m'a rassuré sur ce qui se passait. (...) Je serais désolé que Madame votre mère m'attribuât tout ce boucan, qui doit être entendu jusqu'à des distances aussi grandes que ce cri des baleines amoureuses que Michelet montre dressées comme les deux tours de Notre-Dame", poursuit-il. 

L'écrivain qui avait emménagé dans cet appartement bruyant le 31 mai 1919 le quittera finalement le 1er octobre.

Une édition de 1920 d'"A l'ombre des jeunes filles en fleurs", enrichie de deux "placards" d'épreuves, dont un presque entièrement autographe, estimée entre 60.000 et 80.000 euros, a été adjugée pour 110.282 euros.