Solenn de Royer, co-auteur de "Le deuil du pouvoir" : "Quitter l'Elysée, une petite mort symbolique"

Par @Culturebox
Publié le 01/05/2017 à 17H22
François Hollande à l'Elysée, le 25/04/17

François Hollande à l'Elysée, le 25/04/17

© STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Comment les présidents français vivent-ils leurs 100 derniers jours de règne ? Une question d'actualité à laquelle se sont intéressés les auteurs de "Le deuil du pouvoir" (ed. Perrin), sous la direction des journalistes Alexis Brézet et Solenn de Royer. De Mac-Mahon à François Hollande, les petites histoires interrogent la grande.

La journaliste Solenn de Royer était l'invitée du 13 heures de France 2 le 1er mai pour parler du livre "Le deuil du pouvoir - les cent derniers jours à l'Elysée" et de cette "petite mort symbolique" vécue par les dirigeants français à l'heure de quitter la fonction suprême. Une transition souvent difficile. 

La chute du pouvoir, l'heure de comptes et des trahisons, la solitude, les conseillers qui quittent le navire...tous les présidents de la Ve République ont à peu près ressenti la même chose. Mais ils ne sont pas les seuls. Les trois premiers chapitres du livre sont consacrés aux fins de règne des Républiques mourantes, celle dite des Ducs avec Mac-Mahon, la IIIe avec Albert Lebrun et la IVe avec René Coty. Viennent ensuite les présidents de la Ve. La journaliste Solenn de Royer a écrit les chapitres concernant Nicolas Sarkozy et François Hollande. "Il y a beaucoup de points communs dans ces fins de règne, l'usure du pouvoir, l'impopularité, et une une solitude de ces monarques républicains isolés dans leur palais", raconte-t-elle

Une drogue dure

Exercé à ce niveau, le pouvoir agit comme une drogue dure. Donc oui, selon la journaliste, "c'est une petite mort symbolique de partir, une peur du vide pour ces présidents drogués au pouvoir". Elle raconte cette anecdote surprenante sur Nicolas Sarkozy, pendant la campagne présidentielle de 2012. Alors qu'il se trouve en Guyane, le président se confie à des journalistes à ce sujet. "Il a fait ce geste brutal de l'aiguille que l'on retire du bras gauche pour parler du pouvoir qui se dérobe, qui s'en va"

Giscard et Sherlock Holmes 

Pour gérer la situation de la défaite, certains ont des stratégies d'évitement. Comme en mai 1981. Au soir du second tour de l'élection présidentielle, Valéry Giscard d'Estaing n'est pas à Paris avec ses équipes, mais dans sa chambre d'enfant, dans la maison de ses parents en Auvergne. Seul, il préfère passer la soirée à lire un livre de Sherlock Holmes et se couche à 22 heures. Le livre "Le deuil du pouvoir" regorge de ce genres d'anecdotes, qui aident parfois le lecteur et le citoyen à comprendre un peu mieux ce qui se passe dans la tête de nos dirigeants dans ces moments cruciaux de leurs parcours. 

"Le deuil du pouvoir - les cent derniers jours à l'Elysée", sous la direction de Alexis Brézet et Solenn de Royer - Editions Perrin - 280 pages - 17.90 euros