Michel Onfray propose de "Décoloniser les provinces" dans son nouveau livre

Par @Culturebox
Mis à jour le 12/04/2017 à 16H30, publié le 12/04/2017 à 15H52
Michel Onfray était l'invité du Grand Soir 3 pour présenter son nouvel ouvrage "Décoloniser les provinces".

Michel Onfray était l'invité du Grand Soir 3 pour présenter son nouvel ouvrage "Décoloniser les provinces".

© France 3 / Culturebox

Michel Onfray vient de publier "Décoloniser les provinces" aux Editions de l’Observatoire. Le philosophe s’est une nouvelle fois emparé de sa plume pour défendre la décentralisation du pouvoir, comme l'ont fait avant lui les Girondins lors de la Révolution de 1789. Invité lors du Grand Soir 3 le 11 avril, l’essayiste est revenu sur quelques-uns des points phares de son nouveau livre.

Dans son nouvel ouvrage Michel Onfray présente ses idées selon lesquelles la décentralisation du pouvoir est une nécessité absolue. Le titre "Décoloniser les provinces" n’est pas sans rappeler le manifeste de 1966 de Michel Rocard qui scandait "La renaissance du dynamisme régional suppose la disparition de la tutelle de l’Etat et du préfet".

France 3 - Grand Soir 3 le 11 avril 2017
Michel Onfray était l'invité du Grand Soir 3 pour présenter son nouvel ouvrage "Décoloniser les provinces".

Michel Onfray était l'invité du Grand Soir 3 pour présenter son nouvel ouvrage "Décoloniser les provinces".

© France 3 / Culturebox

Fondamentalement convaincu que l’ "on doit pouvoir laisser la parole au peuple", Michel Onfray définie la société française comme ancrée dans une "tradition jacobine centralisatrice". "C’est celle de la quasi-totalité des candidats aux présidentielles. L’Etat fait la loi, l’Etat c’est Paris, et Paris c’est une poignée de personnes dans chacun des domaines qui font la France. Je dis qu’effectivement ce pouvoir que Paris inflige à la province, on doit finir avec ça." S’il fait référence aux Jacobins de la Révolution Française, c’est parce qu’il s’estime lui-même Girondin, autrement dit qu’il prône les bienfaits d’un état fédéral, à l’inverse des Jacobins qui étaient en faveur d’un gouvernement centralisé.

"Les politiciens se servent du peuple"

D’une certaine manière, Michel Onfray esquisse, dans ce nouvel essai, l’idée que le gouvernement doit se reconnecter à la réalité du peuple. "Il faut que le peuple se dise que finalement, on n’a pas besoin de ces représentants-là qui font carrière dans la politique, qui font métier de la politique : ils ne travaillent pas la plupart du temps, et qu’on puisse rendre au peuple le pouvoir en partant du communalisme libertaire : il faut redonner un vrai pouvoir aux mairies, un vrai pouvoir aux départements, repenser la question de la région en terme de parlement, penser l’Etat aussi de manière libertaire" explique-t-il en plateau.

Michel Onfray sur la plateau du Grand Soir 3 le 11 avril

Michel Onfray sur la plateau du Grand Soir 3 le 11 avril

© France 3 / Culturebox

"Je m’adresse au peuple, aux gens qui sont concernés et qui se disent ‘’On nous vole le pouvoir depuis des années‘’"

Donner du pouvoir au peuple, mais aussi la parole. Le 6 avril paraissait un recueil de quatorze textes du philosophe, publiés par l’hebdomadaire de Eric Fottorin, "Le Un", entre 2014 et 2016. Dans cet opuscule, il traite de la résistance. En plateau, il précise : "Le seul vrai pouvoir c’est d’exiger qu’on puisse à la base changer les choses, […] avec la possibilité de fonctionner de manière communautaire, que les décisions soient prises par la gens qui sont concernés."

"Des petits et des grands candidats"

Michel Onfray profite d’une question concernant la France dans l’Union Européenne pour soulever ce qu’il estime être une des différences majeures entre les différents candidats aux présidentielles. "C’est assez étonnant, tous les grands candidats sont des défenseurs de l’Europe et tous les petits candidats sont opposés à l’Europe libérale. […] Quand on regarde, la vraie critique de l’Europe libérale elle se trouve chez les petits candidats, voilà pourquoi ils sont petits. Comme ils sont petits, on ne leur donne pas la parole, et comme on ne leur donne pas la parole, voilà pourquoi ils restent petits, pendant que les gros font les gros en faisant leur affaire."