"Les Nuits du bout des ondes" : c'est beau, une radio la nuit !

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Publié le 19/12/2014 à 15H18
Jean-Louis Foulquier (à droite) et Richard Bohringer (à droite) dans "Pollen" (2006)

Jean-Louis Foulquier (à droite) et Richard Bohringer (à droite) dans "Pollen" (2006)

© PHOTOPQR/LA NOUVELLE REPUBLIQUE

Quel est le point commun entre José Arthur, Macha Béranger, Max Meynier, Georges Lang, Jean-Charles Aschero, Gonzague Saint-Bris ou Super Nana ? Tous ces professionnels de la radio ont été des oiseaux de nuit, des voix qu'on écoute sous la couette. Marine Beccarelli a réalisé un travail de fourmi pour recenser et rencontrer les animateurs et journalistes qui accompagnent nos nuits blanches.

Ne pas se laisser impressionner par la forme : avant d'être un livre, ces "Nuits du bout des ondes" ont d'abord été un travail universitaire, un mémoire réalisé par l'auteure. D'où son aspect un poil rigide, son approche exhaustive. Mais il contient des perles…

Tous les grands professionnels rencontrés par Marine Beccarelli se retrouvent sur un point : la radio, la nuit, n'a rien à voir avec celle de jour. Déjà, les patrons ne l'écoutent pas, ce qui enlève beaucoup de stress. Surtout, un lien différent, qui relève de l'intime, se tisse entre les animateurs et leurs auditeurs.

Les équipes qui fabriquent les émissions nocturnes vivent dans un tempo différent, s'autorisent des modes de fonctionnement inimaginables en journée. Le regretté Jean-Louis Foulquier a raconté comment il est devenu alcoolique en tenant la barre de ses émissions mythiques, passages obligés de toutes les stars de la chanson française après leurs galas. La vie de famille en prend un coup elle aussi, les voix de la nuit se mettent en veille en journée, maris, femmes et enfants doivent s'adapter aux horaires décalés, ça ne se termine pas toujours bien.
Macha Béranger 

Macha Béranger 

© BENAROCH/SIPA
Evidemment, chaque émission de nuit a sa couleur, son histoire. Guère de points communs entre Max Meynier, installé dans son studio des entrepôts Calberson à Aubervilliers ("Les routiers sont sympas" sur RTL), Alain Veinstein, aux commandes "Du Jour au Lendemain" sur France Culture ou Macha Béranger et ses échanges aussi longs qu'intimes avec des auditeurs souvent en souffrance. Le monument du genre reste sans doute le "Pop Club" de José Arthur et toutes ses déclinaisons, à l'antenne de France Inter de 1965 à 2005 !
José Arthur

José Arthur

© GINIES/SIPA
Marine Beccarelli nous offre de passionnantes interviews, truffées d'anecdotes absolument savoureuses. Et au terme de cette bonne lecture, la radio de nuit garde toute sa magie !

"Les Nuits du bout des ondes" de Marine Beccarelli (Ina Editions) préface de José Arthur – 20,00 €