Sélectionner votre région

  • area1
  • area2
  • area3
  • area4
  • area5
  • area6
  • area7
  • area8
  • area9
  • area10
  • area11
  • area12
  • area13
  • area14
  • area15
  • area16
  • area17
  • area18
  • area19
  • area20
  • area21
  • area22
  • area23
area1area2area3area4area5area6area7area8area9area10area11area12area13area14area15area16area17area18area19area20area21area22

L'AFP a 70 ans : "Le monde en direct" de Xavier Baron retrace son histoire

Publié le 20/08/2014 à 18H02
Paris, le 8 septembre 1944 : le généraux Dwight Eisenhower et Pierre Koenig s'apprêtent à descendre les Champs-Elysées sous l'oeil des photographes et des journalistes. Le cliché est pris par un photographe pigiste de l'AFP, agence nouvellement créée.

Paris, le 8 septembre 1944 : le généraux Dwight Eisenhower et Pierre Koenig s'apprêtent à descendre les Champs-Elysées sous l'oeil des photographes et des journalistes. Le cliché est pris par un photographe pigiste de l'AFP, agence nouvellement créée.

© AFP

A terre en 1944, l'Agence Havas, fondée en 1835, est relancée durant la libération de Paris par un groupe de résistants qui en feront l'Agence France-Presse. Pour Xavier Baron, auteur d'un livre sur l'histoire de l'agence Havas/AFP depuis sa création, "Le monde en direct", l'AFP naît véritablement dans "l'esprit de la Résistance".

Le 20 août 1944 au petit matin, alors que la capitale est en plein soulèvement, huit journalistes résistants s'emparent de l'immeuble de la place de la Bourse, siège de l'Agence Havas, mise sous tutelle allemande en juin 1940 et transformée par le régime de Vichy en "Office français d'information" (OFI).

Née le 20 août 1944 pour avoir une source d'information française

"Même si, officiellement, l'AFP est née le 30 septembre 1944 avec l'ordonnance de De Gaulle, le 20 août 1944, c'est la date fondatrice de l'Agence France-Presse", explique Xavier Baron, dont le livre, "Le Monde en  direct", à paraître le 28 août aux éditions La Découverte, retrace les 180 ans de l'Agence, de Havas à l'AFP qui fête cette année son 70e anniversaire.

"L'AFP, c'est la fusion de l'AFI, de France-Afrique, de l'AID et de Supernap (agences et réseau de la France combattante, NDLR)", ajoute-t-il, soulignant que ces journalistes, venus d'horizons différents, étaient unis et animés par "une passion de l'indépendance" pour faire renaître "une grande agence mondiale française". Ils y parviendront, en dépit de l'"effondrement de la France", insiste l'auteur, lui-même journaliste retraité de l'Agence. "Il faut voir qu'à l'époque, presque tous les bureaux (à l'étranger, NDLR) étaient fermés, c'était le dénuement total !" D'autant que durant la Seconde Guerre mondiale, les agences concurrentes anglo-saxonnes Reuters et Associated Press ont continué de fonctionner normalement. "En plus de ça, c'étaient les agences des pays vainqueurs, doncelles  avaient tout pour s'imposer et Havas n'était plus rien ! Toute cette équipe a retroussé ses manches et s'est lancée à la conquête du monde. Les hommes et les femmes de 1944 avaient une sacrée ambition !", insiste l'auteur.

Livre "Le monde en direct" de Xavier Baron
© La Découverte

 
Renaissance et continuité par rapport à l'Agence Havas  

"Cette génération et l'esprit de la Résistance ont profondément marqué l'histoire de l'AFP", souligne  Baron, rappelant que ces journalistes, arrivés très jeunes, ont ensuite occupé des postes de direction et de correspondants à l'étranger jusque dans les années 1970. Ce fut le cas notamment de Claude Martial-Bourgeon, membre du "groupe des huit", qui fut le premier directeur général de l'AFP, suivi par Maurice Nègre et Jean Marin, PDG de l'agence jusqu'en 1975.
 
En 1944, c'est donc à la fois une renaissance et une continuité, relève l'auteur à propos de cette agence de l'après-guerre qui s'inscrivait dans une tradition déjà centenaire. "La déontologie d'un agencier au XXIe siècle, c'est celle des débuts de l'Agence Havas. Déjà, à l'époque, il y avait la question de la rapidité, de la fiabilité, des sources et de l'anonymat" des journalistes, détaille-t-il.
"C'est toujours, aujourd'hui, ce qui fait la valeur du service d'une agence. C'est ce qui fait qu'une dépêche d'agence a plus de valeur que ce que l'on trouve sur internet où l'on ne sait pas d'où ça vient, qui l'a écrit et ce qu'il a derrière la tête", poursuit Baron.

Réservé sur le journalisme citoyen, il souligne que "le journalisme est un métier. Ca s'apprend, non seulement pour savoir écrire, mais pour comprendre ce qui se passe, mettre en situation, expliquer et faire les vérifications qui  s'imposent. Au XIXe comme au XXIe siècle, c'est un concept fondamental". Cette continuité n'a pas empêché "l'évolution technologique considérable que l'AFP a connu ces dernières années", estime ce journaliste qui, de 1966 à 2007, est passé par la République Centrafricaine, le Vietnam, le Cambodge, Beyrouth, Bangkok, Rome ou Madrid.