L'assassinat de Kennedy vu par des journalistes français

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/11/2013 à 16H55, publié le 22/11/2013 à 16H31
Philippe Labro était aux Etats-Unis au moment de l'assassinat de JFK. Un événement qu'il a couvert pour France-Soir

Philippe Labro était aux Etats-Unis au moment de l'assassinat de JFK. Un événement qu'il a couvert pour France-Soir

© Hélène Pambrun

Il existe déjà près de 1400 ouvrages consacrés à l’assassinat de JFK. Le 50e anniversaire de sa mort vient rajouter de nouveaux titres à cette liste déjà longue. Parmi eux, celui du témoin privilégié que fut Philippe Labro. L’écrivain et journaliste signe « On a tiré sur le président » (Ed. Gallimard). Quant à Vincent Quivy, il dissèque les théories échafaudées pour expliquer le meurtre de JFK.

Reportage : Florence Trintignac, Olivia Pergament
Philippe Labro est réputé pour sa très grande connaissance des Etats-Unis, un pays où il a vécu et travaillé. Le 22 novembre 1963, il a 27 ans et se trouve dans le Connecticut, sur le campus de Yale, où il tourne un documentaire pour l'émission 5 colonnes à la une . « Soudain » raconte t-il, "un gamin, qui hurlait des mots incompréhensibles, est arrivé de loin en agitant les bras et, petit à petit, j'ai compris : "The President has been shot" - "On a tiré sur le président". J'ai tout laissé tomber. Équipe, techniciens, etc., pour trouver un téléphone et mes patrons de France Soir - pour lequel j'étais grand reporter - m'ont dit "Démerde-toi pour être à Dallas le plus vite possible !".

Philippe Labro parcourt alors les deux mille kilomètres qui le séparent de Dallas, l’occasion d’un road-movie qui lui permet de prendre le pouls d’une Amérique sous le choc, endeuillée et comme perdue. Puis il arrive au milieu des trois cents journalistes qui prennent d’assaut le commissariat de police de Dallas. Il peut alors côtoyer de près Oswald et son futur meurtrier Jack Ruby.

Cinquante ans plus tard, Philippe Labro a ressorti ses carnets et ravivé ses impressions et intuitions de l’époque pour raconter les faits et l’ambiance de l’époque. Loin de lui l’envie de proposer une nouvelle théorie car même s’il reconnaît avoir à l’époque adhérer à la thèse un complot, Labro défend le rapport de la commission Warren (qui a conclu au tireur isolé et dans lequel Philippe Labro a été cité) contre toutes les autres hypothèses, « toutes intéressantes » dit-il mais qui n’apportent « aucun témoin crédible, aucune preuve formelle ».
50 ans après, Philippe Labro raconte comment il a vécu l'assassinat de JFK 

50 ans après, Philippe Labro raconte comment il a vécu l'assassinat de JFK 

© Gallimard
Philippe Labro conseille d’ailleurs à ceux qui s’intéressent à ces multiples théories de lire l’ouvrage du journaliste et historien Vincent Quivy, « Qui n’a pas tué John Kennedy » ? (Seuil) qui dissèque et analyse tous les scénarios, des plus plausibles ou plus farfelus, ayant trait à l’assassinat de JFK.

On citera aussi celui du journaliste au Nouvel Observateur François Forestier, "JFK, le Dernier jour" (Albin Michel), celui de François Dufour, rédacteur en chef de "Mon quotidien" qui propose un album de 120 pages avec photos et anecdotes(éditions Katou Malou) et enfin celui de l'historien Thomas Snegaroff, spécialiste des Etats-Unis et consultant de France Info : "Kennedy, une vie en clair-obscur" (Armand Colin).
 
« On a tué le Président » de Philippe Labro - Gallimard – 272 pages – 14,99 euros
« Qui n’a pas tué John Kennedy ? » de Vincent Quivy - Seuil – 281 pages – 19 euros