Gueorgui Joukov, l'homme qui a vaincu Hitler

Par @Culturebox
Mis à jour le 19/12/2013 à 15H03, publié le 19/12/2013 à 11H57
Une page d'Histoire : Yalta 1945, avec de gauche à droite, Montgomery, Eisenhower, Joukov et De Lattre de Tassigny. 

Une page d'Histoire : Yalta 1945, avec de gauche à droite, Montgomery, Eisenhower, Joukov et De Lattre de Tassigny. 

© Wostok Press/MAXPPP

Il fut le tombeur d'Hitler sur le front de l'Est. Le maréchal Georgui Joukov est le sujet d'une biographie que viennent de publier Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri aux éditions Perrin. L'histoire vraie et extraordinaire d'un homme d'une intelligence hors du commun qui sauva à trois reprises l'URSS de l'invasion nazie.

Reportage : D.Wolfromm/T.Breton/B.Puig/L.Deswarte
Dans la grande épopée de la victoire alliée de 1945, le débarquement américain, quoiqu'essentiel a tendance à éclipser un autre théâtre d'opération tout aussi décisif : le front de l'Est. Hitler s'y est cassé les dents. A trois reprises, les troupes allemandes vont être à deux doigts de prendre le dessus sur l'Union soviétique, et à trois reprises elles vont être repoussées grace au génie stratégique d'un homme, le général puis maréchal Joukov.

Un fils du peuple

Fils de cordonnier élevé dans la pauvreté dans la campagne moscovite, Joukov est mobilisé en 1915 dans l'armée tsariste déjà opposée à l'Allemagne. Ses faits d'armes (il a réussi à capturer un soldat allemand) lui valent d'être remarqué par ses supérieurs. Dôté d'une intelligence tactique hors du commun, Joukov grimpe tous les échelons de la hierarchie militaire jusqu'à devenir général à la veille de la seconde guerre mondiale.

Très tôt  il comprend l'importance de l'attente. Attaquer en force, mais au bon moment. Contrairement à la "Blitzkrieg", la guerre éclair pronée par Hitler, il préfère la force tranquille du résistant. Tout vient à point à qui sait attendre...
La statue équestre à la gloire du maréchal Joukov sur la place rouge de Moscou.

La statue équestre à la gloire du maréchal Joukov sur la place rouge de Moscou.

© Thomas Patrice/Hemis.fr
La "tenaille", son plan d'attaque favori

C'est ainsi qu'en 1941, alors que tout semble perdu, il va opérer un retournement de situation spectaculaire. Staline lui même n'y croit plus. Les troupes allemandes sont à moins de 30 km de Moscou, les forces russes paraissent insuffisantes pour résister à une attaque imminente. Joukov organise alors la résistance, le temps pour lui de rapatrier les troupes jusqu'ici mobilisées en Extrême-Orient face aux Japonais.

Une opération logistique sans précédent qui lui permettra non seulement de repousser les assauts allemands mais en plus de les prendre en tenaille, leur infligeant un échec cuisant. Cette stratégie de "la tenaille", de l'encerclement, Joukov en fera sa marque de fabrique. Une statégie payante à Stalingrad et Koursk, deux autres succès militaires essentiels à l'issue de la guerre et qui font véritablement de "Joukov, l'homme qui a vaincu Hitler".

"Joukov, l'homme qui a vaincu Hitler" de Jean Lopez et Lasha Otkhmezuri, aux Editions Perrin, 778 pages, 28 euros.