"Freud sous coke" : l'influence de la drogue sur le père de la psychanalyse

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 17/11/2012 à 10H44
Sigmund Freud en 1932.

Sigmund Freud en 1932.

© AP/AP/SIPA

Sigmund Freud n'est pas le seul à s'être enthousiasmé en son temps pour les propriétés de la cocaïne. Mais sa longue addiction à cette drogue a influencé les thérapies et les théories du père de la psychanalyse, soutient David Cohen dans "Freud sous coke", qui paraît mercredi prochain chez Balland.

Freud, déjà accro à la cigarette et aux cigares, achète son premier gramme à 28 ans en espérant trouver des usages thérapeutiques de la cocaïne, notamment en tant qu'anesthésiant, et ainsi faire une découverte qui lui apporterait gloire et fortune, écrit l'auteur britannique, psychologue et membre de la Royal Society of Medicine. 

David Cohen n'est pas le premier à évoquer l'addiction du "médecin de l'âme" à la cocaïne. Mais il explore davantage les conséquences de cette "béquille" de Freud sur l'élaboration de ses théories.

La coca était une substance populaire à son époque
A la fin du XIXe siècle, les feuilles de coca étaient populaires parmi les élites européennes et américaines et utilisées en pharmacologie pour se donner un coup de fouet et soulager toutes sortes de maux, rappelle l'auteur.

Des publicités reproduites dans le livre vantent le "Vin tonique à la coca du Pérou", "la cocaïne pour soigner le mal de dent" ou "pour éliminer les pellicules et fortifier les cheveux"...

Très vite, Freud en consomme de plus en plus, l'expérimente sur sa fiancée, ses amis, certains de ses patients, comme remède pour soigner les complications gastriques, la nymphomanie, la dépression ou encore la migraine. Il devient accro et ingèrera de grandes quantités de cocaïne pendant une quinzaine d'années, raconte l'auteur.

"Freud sous coke" de David Cohen

"Freud sous coke" de David Cohen

© Editions Balland

Freud, "candidat parfait à l'addiction"
L'auteur soutient que l'épisode "cocaïne" n'est pas, comme certains semblent le penser, une erreur de jeunesse, mais un élément capital dans son élaboration de la psychanalyse.

David Cohen explore ainsi dans cet essai à la fois historique et polémique les zones d'ombre et les fragilités du personnage qui en font le candidat parfait selon lui pour l'addiction: dépressif, obsessionnel, sexuellement réprimé et malheureux.

Il examine les influences de la drogue sur "L'interprétation des rêves" de Freud et assure que la cocaïne y a joué un rôle important, tente de cerner l'emprise de ces substances dans l'élaboration des théories freudiennes.

L'auteur dresse aussi à la fin de l'ouvrage un panorama des liens qui existent entre drogue, psychologie et psychiatrie, parle entre autres de l'émergence du LSD, des narcotrafics et des politiques anti-drogue.     

"Freud sous coke" de David Cohen (Editions Balland - 416 p. - 23,90 euros - Parution le 24 novembre)