Fiscalité : Fabius est-il intervenu en faveur de Luc Besson ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 12/01/2016 à 20H30, publié le 12/01/2016 à 20H29
Luc Besson à Los Angeles en novembre 2015

Luc Besson à Los Angeles en novembre 2015

© MediaPunch / REX Shutters / SIPA

Selon une biographie non autorisée du cinéaste Luc Besson, qui paraît mercredi, l'administration fiscale serait intervenue en faveur du réalisateur en 2002, alors que l'actuel chef de la diplomatie française Laurent Fabius était ministre de l'Économie.

Selon ce livre du journaliste Geoffrey Le Guilcher, "Luc Besson, L'homme qui voulait être aimé" (éditions Flammarion), le cinéaste et producteur, qui cherchait au début des années 2000 à diminuer le montant de son Impôt sur la fortune (ISF), aurait "profité d'un soutien politique" concernant cette affaire fiscale privée, alors même que la sœur et le neveu de Laurent Fabius travaillaient pour lui.

Interrogée sur ce sujet par l'AFP, la communication de Laurent Fabius au quai d'Orsay n'a souhaité faire aucun commentaire.

Un rendez-vous avec Fabius en 2001

En 2001, ayant été informé qu'il allait devoir payer près de 3 millions d'euros en 2000 au titre de l'ISF, Luc Besson aurait consulté des fiscalistes, envisagé des solutions puis organisé des rendez-vous avec des responsables de Bercy, dont un avec Laurent Fabius.

Luc Besson "obtient son rendez-vous" avec Laurent Fabius, précise le journaliste, en soulignant qu'il est "impossible de savoir s'il rencontre alors le ministre à Bercy ou ailleurs". Il y aura également "une sorte de conciliabule réunissant des proches du ministre et du cinéaste", toujours selon Geoffrey Le Guilcher.

"Réponse positive" à une demande d'exonération d'ISF

Une lettre serait ensuite parvenue au cinéaste le 21 février 2002, indiquant que sa demande d'"exonération d'ISF" pour l'année 2000 appelait "une réponse positive", poursuit le journaliste indépendant. Pourtant, ajoute-t-il, le raisonnement mentionné par le directeur de la législation fiscale dans ce courrier s'appuyait sur "des données erronées".

"Le fisc a-t-il fermé les yeux au nom d'un intérêt public supérieur visant à favoriser l'émergence d'une major française du cinéma ?", s'interroge-t-il.

L'auteur du livre ajoute que le dossier est "délicat" pour Laurent Fabius car Luc Besson avait travaillé sur son film "Jeanne d'Arc", sorti en 1999, avec la costumière et chef décoratrice Catherine Leterrier, sœur de Laurent Fabius, et avec le fils de celle-ci, Louis Leterrier, en tant qu'assistant producteur.

Louis Leterrier a ensuite réalisé en 2001 "Le Transporteur", produit par la société de Luc Besson EuropaCorp, poursuit-il. "En intervenant politiquement dans le dossier fiscal de l'employeur de deux membres de sa famille proche, l'ancien Premier ministre n'a-t-il pas outrepassé la ligne jaune ?", s'interroge Geoffrey Le Guilcher.