Dans "Boomerang", Michael Lewis raconte "le casse du siècle"

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 22/03/2012 à 10H54
Michael Lewis

Michael Lewis

© Richard Saker / Rex & Sonatine Editions

« Vouloir tout, tout de suite avec des moyens que l’on n’a pas encore » c’est ainsi qu’à grandi et explosé la bulle des dettes. Ancien Investisseur pour Salomon Brother, Michael Lewis se promène dans le monde de la finance internationale, armé de son stylo, d’un peu de recul, de son humour et d’une certaine tendresse pour ses interlocuteurs, il se promène dans la vieille Europe et le maquis de ses dettes.

Après avoir fait le portrait de ces Américains que la crise des subprimes a enrichis ("Le Casse du Siècvle" / éditions Sonatines), il continue sa quête de compréhension du système financier. Sortis des subprimes juste avant l’implosion du système, ces grands financiers allant contre la pensée commune se sont tournés vers les dettes souveraines. Il y avait beaucoup d’argent à gagner car "des prêts douteux  émis par des financiers grassement payés du secteur privé étaient avalés par les trésoreries nationales et les banques centrales". Et, "depuis 2002, ce qui passait pour une croissance économique était en fait activité alimenté par des prêts que les gens n’auraient pas les moyens de rembourser".... "L’Irlande avait ainsi des dettes équivalentes à plus de 25 fois sa recette fiscale annuelle, l’Espagne et la France dix fois". 

La vieille Europe vit donc au dessus de ses moyens. Premier à s’écrouler, l’Islande. Un pays que les spécialistes du FMI doivent chercher sur une mappemonde avant d’y aller. L’Islande qui a connu "l’expansion du système bancaire le plus rapide de l’histoire de l’humanité".  Mais pour Michael Lewis les Islandais ne sont que des pêcheurs devenus banquiers. Avec un principe simple : "Regardons ce que fait Wall Street et faisons pareil". Aujourd’hui, après l’écroulement de leurs banques, les iIslandais gardent leurs économies chez eux.

La deuxième étape passe par Athènes. Les Grecs, s’ils ont inventé les maths, sont incapables de les appliquer à leurs finances publiques. Le sport national : tricher avec le Fisc. Les Grecs, selon Micheal Lewis, veulent bien se reformer, réduire le nombre de leurs fonctionnaires, mais "encore faudrait-il savoir combien il y en a" !

Quant au poumon financier de l’Europe, l’Allemagne, sa philosophie, depuis la nuit des temps est "le désordre c’est mieux chez les autres". D’où son attitude pendant la crise. Et quand Lewis parle des Etats-Unis c’est pour expliquer que, quand on a touché le fonds (comme ces villes californiennes qui ont fait faillite), on ne peut se transformer et s’adapter.

Quant aux financiers qui jouaient sur les dettes souveraines, ils se sont déjà retirés. Aujourd’hui, ils misent sur le métal, la pièce de 5 cents américain vaut 6,8 cents, mais c’est déjà certainement trop tard pour miser dessus, la crise ne devrait pas tarder…  

Si Michael Lewis nous permet de mieux comprendre les quatre années que nous venons de vivre, il jette tout de même un œil très américain sur le Vieux Continent. Le sous titre de son ouvrage ? "Europe, voyage dans le nouveau tiers-monde"...

Boomerang de Michael Lewis (Editions Sonatines)
212 pages - 20,30 euros