"Brigitte Bardot, plein la vue", la biographie d'une femme libre

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 02/01/2012 à 17H54
Brigitte Bardot en 1955.

Brigitte Bardot en 1955.

© Kobal / The Picture Desk

Marie-Dominique Lelièvre, protraitiste affûtée à Libération, signe une nouvelle biographie de B.B., qui défend la femme de caractère courageuse derrière l'icône sexy. L'auteure, qui a enquêté dans l'entourage de la star sans jamais la rencontrer, ne cache pas sa fascination pour cette indépendante farouche qui a toujours fait et dit ce qu'elle pensait sans peur des regards.

"De tous les personnages dont j'ai retracé le parcours, Bardot est la plus complexe", explique Marie-Dominique Lelièvre qui a déjà signé les biographies de Serge Gainsbourg, Françoise Sagan et Yves Saint-Laurent.

"J'ai choisi de ne pas rencontrer Brigitte Bardot car elle aurait exigé de relire. J'ai enquêté en interrogeant des relations professionnelles et amicales qu'elle a souvent mêlées", ajoute celle qui ne cache pas son admiration "pour l'itinéraire, la témérité et le courage" de Brigitte Bardot.

Son livre ne promet aucune révélation inédite ou fracassante. Il se contente de brosser un portrait nuancé de la star, avec ses failles et ses fragilités, et de tordre le cou à quelques malentendus et incompréhensions. Ce faisant, elle lui passe tout. Y compris ses propos haineux et xénophobes.

"Piégée très tôt par la célébrité"
"Créature née de l'envie des autres", le sex symbol des Sixties est présenté avant tout comme une femme libre, "proclamant le refus des contraintes, porte-parole d'une génération". Une beauté sans pareille, émancipatrice, dont les nombreux amours sont ici passés en revue, dont ses quatre maris successifs (Roger Vadim, Jacques Charrier, Gunter Sachs et l'actuel Bernard d'Ormale) et ses amants célèbres (Serge Gainsbourg, Jean-Louis Trintignant, Sami Frey, Nino Ferrer…).

Pour Marie-Dominique Lelièvre, Bardot, née dans la bourgeoisie du 16e arrondissement a été piégée très tôt par la célébrité, "ce qui l'a enfermée dans le vide vertigineux de son propre reflet". "Bardot dit et fait ce qu'elle pense, sans comptes à rendre à personne, emmurée en elle-même (...)", ajoute l'auteure qui la décrit aujourd'hui recluse, hors du temps de la société. Une liberté et un refus du dialogue qu'elle a payé au prix fort, celui du mépris de nombre de ses contemportains.

"La haine du genre humain comme antidote"
"D'une carrière dévorante, elle s'est sortie le mieux possible", écrit-elle. "La haine du genre humain est un antidote" pour celle qui se consacre à la cause animale depuis 40 ans. "Elle possède tous les défauts et toutes les vertus des Français (...) A sa façon crâne, très Grande Mademoiselle, elle défend les bêtes, défiant le ridicule. Sous son influence, moeurs et lois évoluent", souligne la journaliste.

On apprend que Brigitte Bardot, qui a tiré un trait sur sa carrière d'actrice en 1973,  est assujettie à l'impôt sur la fortune, gérant ses biens avec sagacité, ce qui lui permet de vivre confortablement, bien qu'ayant fait don de la plupart de ses possessions à sa fondation pour les animaux.

Marie-Dominique Lelièvre souligne aussi le courage dont a fait preuve le sex symbol en refusant la chirurgie esthétique dans une société pourtant plus que jamais obsédée par l'apparence et la jeunesse. "Sa manière de vieillir, les yeux droits dans les objectifs qui taquinent la flétrissure, affirme sa souveraineté. Affronter l'âge de face, dans une époque qui escamote la vieillesse, est une marque de vaillance", écrit-elle. "Bardot est une reine. On peut la délaisser, on ne peut pas la détrôner".

"Brigitte Bardot, plein la vue"  de Marie-Dominique Lelièvre (Flammarion, 20 euros)

Brigitte Bardot, Plein la vue

Brigitte Bardot, Plein la vue

© Flammarion