Marlène Schiappa saisit le CSA après l'intervention de Christine Angot jugée "humiliante" pour Sandrine Rousseau

Par @Culturebox
Publié le 03/10/2017 à 10H34
Christine Angot et Sandrine Rousseau sur le plateau d'"On n'est pas couché", France 2, 30 septembre 2017

Christine Angot et Sandrine Rousseau sur le plateau d'"On n'est pas couché", France 2, 30 septembre 2017

La secrétaire d'Etat chargée de l'égalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa a signalé lundi au CSA une séquence de l'émission de Laurent Ruquier sur France 2 où une victime d'agression sexuelle, Sandrine Rousseau, aurait été "humiliée".

Ce signalement s'ajoute au millier de démarches similaires émanant de téléspectateurs effectuées depuis samedi soir, a précisé le CSA à l'AFP. La saisine de Marlène Schiappa, publiée par France Inter, a été confirmée par son ministère.

Angot en boucle

L'ancienne porte-parole d'EELV Sandrine Rousseau, l'une des quatre élues écologistes qui avaient accusé publiquement en mai 2016 Denis Baupin de harcèlement et d'agressions sexuels, présentait sur le plateau d'On n'est pas couché son livre-témoignage dans lequel elle revient sur ses accusations.

La romancière Christine Angot, chroniqueuse de l'émission depuis la rentrée, s'est emportée sur le plateau contre Sandrine Rousseau alors que l'ex-élue expliquait comment les violences sexuelles doivent être entendues au sein de structures telles qu'un parti politique.

"On n'est pas couché", France 2, 30 septembre 2017, la colère de Christine Angot à voir à partir de 6'51
"Je ne peux pas entendre ça. Essayez de le comprendre", a lancé Christine Angot, elle-même très véhémente. "Il n'y a personne qui veut l'entendre. On se débrouille!", a lancé la romancière avant de quitter le plateau. Son départ, supprimé du montage final de l'émission, a été confirmé par France 2. Christine Angot a été elle-même victime d'inceste, une agression dont elle parle dans ses romans.

L'autre chroniqueur de l'émission, l'écrivain Yann Moix, a ensuite déclenché les pleurs de Sandrine Rousseau en lui reprochant d'être porteuse d'un discours politique sur les violences sexuelles. "Vous n'imaginez pas la violence de ce que vous dites. C'est l'histoire que j'ai vécue que je raconte. Ce n'est pas un discours que je porte", a dit Sandrine Rousseau.

"L'accueil de la parole des victimes dans les émission de divertissement n'est pas digne du combat qu'elles mènent pour que cessent ces violences"

"A un moment donné, la question est: comment fait-on bouger les choses? (...) Il n'y a pas de bonne méthode". "Ce qui se passe ce soir est révélateur", a conclu Laurent Ruquier.

Lundi, dans son signalement au CSA, Marlène Schiappa a dit qu'il "est éminemment regrettable qu'une victime ayant le courage de briser le silence autour des violences sexuelles soit ainsi publiquement humiliée et mise en accusation".

"L'accueil de la parole des victimes dans les émissions de divertissement n'est pas digne du combat qu'elles mènent pour que cessent ces violences", poursuit la secrétaire d'Etat. Sandrine Rousseau a porté plainte vendredi contre Denis Baupin pour "dénonciation calomnieuse". Elle a démissionné du parti depuis pour se consacrer à son combat : sortir du silence les femmes victimes de violences sexuelles.