INTERVIEW. Alba Ventura : "Le bal des dézingueurs" ou les secrets des déjeuners politiques

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/03/2016 à 08H13, publié le 16/03/2016 à 17H38
Alba Ventura, auteure avec Laurent Bazin de "Le bal des dézingueurs"

Alba Ventura, auteure avec Laurent Bazin de "Le bal des dézingueurs"

© France 2

La journaliste politique d’RTL publie avec Laurent Bazin "Le bal des dézingueurs" dans lequel ils révèlent ce qui se dit au cours des déjeuners politiques. Si on y dézingue allègrement et le plus souvent au sein d’une même formation, on y travaille aussi non moins sérieusement. Alba Ventura était l'invitée du 13H de France 2.

 Alba Ventura était l’invitée d’Elise Lucet dans les CInq dernières minutes.
Alba Ventura est chef du service politique de RTL. Elle présente l'édito politique de la station chaque matin à 7h20. L’idée du livre est partie d’une question récurrente du public et des proches des deux journalistes : que dites-vous au cours de ces déjeuners ? Pourquoi partagez-vous ces repas ?

Question qui sous-entendait l‘éternelle autre question au sujet des relations entre politiques et journalistes : êtes-vous finalement de connivence ?
Alba Ventura et Laurent Bazin

Alba Ventura et Laurent Bazin

© France 2

Politiques et journalistes de connivence ?

On avait besoin de remettre les choses à leur place, dire qu’un déjeuner politique, ce n‘est pas un moment de fiesta, c’est un déjeuner de travail. Pas d’hypocrisie, pas de connivence, on n’est pas des complices, on n’est encore moins des amis, on n’est pas inféodé non plus.
Un déjeuner politique, on sent les mouvements, on décrypte les ambitions. 
 

"Le bal des dézingueurs" Flammarion

"Le bal des dézingueurs" Flammarion

© France 2

Caliméro à Bercy

Je pense à Pierre Moscovici qu’on rencontre à Bercy fin 2013 et qui nous dit : « Moi, si j’étais François Hollande, je me nommerai à la commission ». A l’époque, il n’est pas encore question de cette nomination et là, on comprend que ça le démange d’aller à la commission européenne. Au fond, c’est Caliméro à Bercy parce qu’Arnaud Montebourg lui fait de l’ombre et il a envie d’aller ailleurs. 
 

Alba Ventura et Elise Lucet

Alba Ventura et Elise Lucet

© France 2

De la com à outrance

A partir du moment où ceux qui vous parlent savent très bien que très souvent ces confidences se retrouvent dans les médias, ça devient un instrument de communication.C’est de la com à outrance. Malheureusement, la politique est devenue davantage de la com que de l’action politique en tant que tel. 
 

Jean-Vincent Placé, champion du off qu'il aimerait voir publié

Jean-Vincent Placé, champion du off qu'il aimerait voir publié

© France 2

Placé, champion du off à publier

Pour le off que l'on veut voir publier, Jean-Vincent Placé n’est pas mal… placé ! NKM aussi mais en général, ils le sont tous parce que c’est un instrument de communication. Les politiques veulent faire passer des messages, nous ne sommes pas dupes. A nous de savoir ce que nous allons faire de ces messages, de la manière dont nous allons les divulguer dans la presse.  
 

Des déjeuners où l'on dézingue joyeusement...

Des déjeuners où l'on dézingue joyeusement...

© France 2

Dézingage tous azimuths

On dézingue plus souvent dans sa propre famille politique. La violence ou le dézingage en politique ont toujours existé mais désormais, les sources de communication se sont multipliées donc la parole est libérée, elle va dans tous les sens. Le dézingage se retrouve dans chaque camp parce que la concurrence est dans chaque camp.  
 

François Goulard a créé la surprise...

François Goulard a créé la surprise...

© France 2

La confidence qui tue...

Je crois que c’est François Goulard, ministre villepiniste le jour où il m’a annoncé que si Nicolas Sarkozy était en passe de remporter la présidentielle de 2007, il allait voter Ségolène Royal ! 
 

Moins de com et plus d'action 

Moins de com et plus d'action 

© France 2

Qu'est-ce qui doit changer ?

Ce qui serait bien, c’est que l’action politique prime sur la communication.  


"Le bal des dézingueurs", Flammarion (20€)