Affaire Seznec : les révélations de l'ancien avocat de la famille

Par @Culturebox
Mis à jour le 05/03/2015 à 17H35, publié le 05/03/2015 à 17H28
Guillaume Seznec à son retour du bagne en 1952.

Guillaume Seznec à son retour du bagne en 1952.

© Valérie Hache / AFP

Il fut l’avocat de la famille Seznec de 1976 à 1990. Denis Langlois vient de publier un livre au titre évocateur : « Pour en finir avec l’affaire Seznec » (La Différence-2015). Un ouvrage dans lequel l’homme de loi révèle un témoignage jusqu’ici tenu secret par la famille et qui permettrait de faire enfin la lumière sur l’une des plus grandes énigmes policières du XXe siècle.

Reportage : V.Mathieu / M.Tiouka / J-P.Vindiollet / A.Cretin
Le 25 mai 1923, Guillaume Seznec quitte la Bretagne en voiture. Son ami, le conseiller général du Finistère Pierre Quémeneur l’accompagne. Selon Seznec, après des pannes répétées du véhicule, Quémeneur décide de prendre le train. On ne le reverra jamais. Les soupçons s’orientent très rapidement sur le commerçant breton qui malgré ses dénégations, sera condamné en 1924 au bagne à vie.
 
Présomption de culpabilité
Dans le droit français, le doute doit bénéficier à l’accusé. Ce n’est pas le cas dans l’affaire Seznec où, malgré l’absence de corps et de preuves matérielles, la justice a tranché en défaveur de la Défense. C’est cette anomalie judiciaire qui a poussé Denis Langlois à écrire un deuxième livre sur l’affaire*. En plus d'un témoignage jusqu’ici tenu secret par la famille Seznec et qu’en tant que défenseur, il ne pouvait révéler. En 1923, l’un des fils de Guillaume Seznec alors âgé de 11 ans aurait aperçu le corps de Quémeneur sur le sol de la salle-à-manger familiale à Morlaix. Face à lui, sa mère Marie-Jeanne.
 
La thèse de l’homicide involontaire
Denis Langlois n’a aucune certitude. Mais se pourrait-il que Mme Seznec, en voulant repousser les avances trop pressantes de Quémeneur, l’ait poussé un peu trop violemment le faisant tomber ? La thèse parait plausible. Afin de protéger sa femme, Guillaume Seznec n’aurait rien dit. Le doute demeure, peut-être cette fois bénéficiera-t-il aux Seznec qui ont déjà déposé 14 demandes en révision. Jusqu’ici sans succès.
 
« Pour en finir avec l’affaire Seznec » de Denis Langlois est paru le 12 février 2015 aux éditions de la Différence. 384 pages – 22 euros.
 
* « L’affaire Seznec » (1988, puis réédité en 1999 chez Plon). Le livre a valu à son auteur le Prix des droits de l’Homme.

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