160 p. - 15 €

C'est sur le ton de la confidence et avec simplicité que Marcel Duchamp se livre à Pierre Cabanne. Nous sommes en 1966, deux ans avant sa disparition. Il retrace sa vie, celle d'un artiste qui n'a voulu ni plaire ni choquer. Celui qui a pu affirmer que "c'est le regardeur qui fait le tableau" montre une disponibilité à autrui, répond avec la plus grande honnêteté à son interviewer. Ce qui n'exclut pas les pirouettes et les traits d'ironie. Duchamp fut féru de calembours, un amoureux de l’œuvre de Jean-Pierre Brisset et des Impressions d'Afrique de Raymond Roussel. Il reste que l'on est ici loin des commentaires abscons que son œuvre a inspirés. Se tenant à l'écart du monde artistique, Duchamp déclare avoir une "vie de garçon de café". Après l'abandon de la peinture, il s'intéresse à des questions de dynamique, de mouvement et d'optique. Il cherche à "capturer le hasard" et à se détacher du pouvoir rétinien de l'œuvre. Surtout, il avoue sa "paresse énorme", bien qu'il soit un touche-à-tout et un bricoleur sans égal, comme le montre ce parcours que l'on traverse au pas de course. Ce témoignage authentique, souvent déconcertant, permet de découvrir près d'un demi-siècle d'une vie et d'une œuvre parmi les plus subversives, mais aussi leurs dessous. Car il y est aussi question des amitiés et des relations amoureuses, loin d'être innocentes pour comprendre l'œuvre du Grand Perturbateur. Entretiens avec Pierre Cabanne
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