Décès de l'écrivain pakistanais Jamil Ahmad

Par @Culturebox
Publié le 14/07/2014 à 14H25
Jamil Ahmad dans sa résidence d'Islamabad, le 11 octobre 2011.

Jamil Ahmad dans sa résidence d'Islamabad, le 11 octobre 2011.

© Aamir Qureshi/AFP

Il avait 83 ans mais n'avait connu le succès que dans les trois dernières années de sa vie. Jamil Ahmad, auteur de "Faucon errant", était un passionné de son pays, le Pakistan. Il est mort ce week-end d'une crise cardiaque.

Le Pakistanais Jamil Ahmad, auteur du "Faucon errant", un recueil de nouvelles sur le quotidien des tribus de son pays, est mort ce week-end à Islamabad à l’âge de 83 ans. "Il était alité depuis trois mois et s'était affaibli. Samedi, il a été terrassé par une crise cardiaque et s'est éteint", a dit à l'AFP l'un de ses deux fils, Taimur Aziz.

Fonctionnaire de carrière, Ahmad avait accédé à la gloire littéraire avec "Faucon errant", publié en 2011 et encensé par la critique. L’œuvre paraît en France en 2013 chez Actes Sud. Elle raconte notamment toute la brutalité de la vie dans les tribus du nord-ouest du Pakistan, un univers dans lequel Ahmad a baigné une grande partie de sa carrière.

Le gène tribal

Entré dans la fonction publique en 1954, Jamil Ahmad est nommé administrateur en chef de la vallée de Swat, arène il y a quelques années d'une offensive militaire contre les talibans qui y faisaient régner un régime de terreur. Il occupe ensuite des fonctions similaires au Waziristan, un sanctuaire taliban à la frontière de l'Afghanistan qui est actuellement le théâtre d'une opération de l'armée contre les rebelles islamistes.

Ahmad se passionne pour le nord-ouest du Pakistan et la province du Baloutchistan. "Il y a un gène tribal caché en chacun de nous", confiait-il à l'AFP à la publication de son "Faucon errant". Ce recueil a d’ailleurs bien failli ne jamais voir le jour.

"Faucon errant", resté dans les tiroirs

Après des premiers échecs en poésie, Ahmad se lance dans l'écriture de cet ouvrage, complété en 1974 mais qui reste dans ses tiroirs malgré les pressions de sa femme Helga qui, pendant plus de 20 ans, tente de le convaincre de le soumettre à un éditeur. Un jour, son frère entend parler d'un concours de nouvelles à la radio et demande le manuscrit à Helga pour le soumettre au jury à l'insu de son auteur. Le livre attire alors l'attention d'éditeurs et permet à Jamil Ahmad d'accéder, à 80 ans, à la reconnaissance littéraire.