Décès de l'écrivain espagnol José Luis Sampedro, référence des "indignés"

Par @Culturebox
Publié le 09/04/2013 à 15H23
L'écrivain espagnol José Luis Sampedro en 2011 à Madrid

L'écrivain espagnol José Luis Sampedro en 2011 à Madrid

© Luca Piergiovanni/EFE/MAXPPP

L'écrivain, économiste et humaniste espagnol José Luis Sampedro, l'une des voix les plus respectées par le mouvement de protestation sociale des "indignés" en Espagne, est décédé à l'âge de 96 ans. Défenseur d'une économie "plus humaine" et "solidaire", l'intellectuel est décédé dans la nuit de dimanche à lundi et a été incinéré mardi matin a annoncé son épouse.

"De lui, je voudrais que l'on retienne sa vitalité, sa dignité et son esprit de combat", a ajouté Olga Lucas. 
 
Né en 1917 à Barcelone, dans le nord-est de l'Espagne, José Luis Sampedro fut aussi maître de conférence en Économie, sénateur et, depuis 1990, membre de l'Académie royale espagnole.

Parmi ses romans les plus connus figurent "Le sourire étrusque" (1985) et "La vieille sirène" (1990), "Escribir es vivir" (2003) ou encore "La ciencia y la vida" (2008). Il était également l'auteur de nombreux essais d'économie. "Il y a deux types d'économistes : ceux qui travaillent pour que les riches deviennent plus riches et ceux qui, comme moi, travaillons pour rendre les pauvres moins pauvres", avait-il déclaré. 

Figure de référense des "indignés"
Malgré son grand âge, l'écrivain était devenu l'une des figures de référence, très appréciée, du mouvement des "indignés", apparu en Espagne en mai 2011. Figure frêle au visage mince mais au regard encore très vif, il avait même participé à Madrid, assis sur une chaise pliante, à l'une des assemblées de quartier devenues emblématiques du mouvement.

Auteur du prologue de l'édition espagnole du livre "Indignez-vous"
Il était l'auteur du prologue de l'édition espagnole du livre "Indignez-vous" (2010) de l'ancien résistant et diplomate français Stéphane Hessel, décédé fin février à l'âge de 95 ans. "Moi aussi je suis né en 1917. Moi aussi je suis indigné. J'ai aussi vécu une guerre. J'ai aussi supporté une dictature", écrivait José Luis Sampedro en ouverture de son prologue.

"Considérer l'argent comme un bien suprême nous conduit à la catastrophe", avait-il déclaré au journal espagnol de centre gauche El Pais en juin 2011, en pleine apogée du mouvement des "indignés" et alors que la crise économique frappait durement l'Espagne. 

Il avait reçu en 2011 le prix national des lettres espagnoles pour sa contribution à la littérature espagnole contemporaine. En plus de sa carrière "prolifique, développée à la marge des courants littéraires", le jury avait alors salué José Luis Sampedro comme étant une "référence intellectuelle et morale de premier ordre de l'Espagne de la seconde moitié du vingtième siècle". 

Sa "trajectoire littéraire remarquable" ainsi que "sa pensée engagée avec les problèmes de son temps" lui avait valu peu avant d'être décoré de l'Ordre espagnol des arts et des lettres.