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Décès de Hector Bianciotti, un écrivain rare à l'élégance discrète

Publié le 13/06/2012 à 09H50, mis à jour le 10/12/2012 à 15H16
Hector Bianciotti à l'institut de France, déc 2003

Hector Bianciotti à l'institut de France, déc 2003

© JP Muller. AFP

Hector Bianciotti, qui vient de mourir à 82 ans à Paris, était un écrivain qui maniait à la perfection la langue française après l'avoir adoptée pour son oeuvre. Son quatrième roman, "Le pas si lent de l'amour", une "autofiction", selon son expression, raconte son exil, depuis l'Argentine, où il était né en mars 1930, vers l'Italie et l'Espagne et la lente "métamorphose" qui lui fait adopter le français. Il avait été naturalisé français en 1981, puis élu à l'Académie française en 1996 où il avait rejoint les immortels non français ou d'origine étrangère qui y siégeaient.

Le choix de la langue française correspond à "un formidable besoin de s'exprimer" et de "retrouver dans cette conversion l'éblouissement éprouvé à 15 ans pour le mysticisme de la poésie au travers de quelques vers de Paul Valéry extraits de La Jeune Parque". Tout jeune, il dévore Baudelaire, Mallarmé, Verlaine. Adolescent, racontait-il, "il y a eu Sartre et le choc fulgurant de L'Etranger de Camus". "Changer de langue", disait-il, "c'est modifier sa façon d'être, sentir différemment". Ne détestant pas le paradoxe, il affirmait qu'on peut être désespéré dans une langue et à peine triste dans une autre.

Son premier roman écrit en français "Sans la miséricorde du Christ" obtient le prix Femina 1985. Suivent "Seules les larmes seront comptées" (1988) et "Ce que la nuit raconte au jour" (1992). Il avait écrit en espagnol "Le Traité des saisons" (Prix Médicis étranger 1977) et un recueil de nouvelles "L'Amour n'est pas aimé", couronné en 1983 du prix du meilleur livre étranger. Son oeuvre, récompensée par le Prix littéraire Prince Pierre de Monaco, se définit pour le poète cubain Severo Sarduy par "ce tempo singulier et dilaté, si propice à la subite incandescence du baroque".

Son parcours
Né dans la pampa de Cordoba, Hector Bianciotti quitte l'Argentine en 1955. Arrivé à Paris en 1961, découvert par l'éditeur Maurice Nadeau, il signe en 1969 dans La Quinzaine littéraire. Il devient, ensuite, journaliste littéraire au Nouvel Observateur, avant d'écrire pour Le Monde.

Personnalité importante de la République des Lettres, il passe en 1989 de Gallimard à Grasset où il siège au comité de lecture et dont il est l'un des conseillers du président. Il préside également la commission Littérature étrangère du Centre national du Livre. Hector Bianciotti est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages, dont le roman, "Nostalgie de la maison de Dieu" (Gallimard), a été publié en 2003, avant "Lettres à un ami prêtre", sa correspondance avec Benoît Lobet paru en 2006. Il était officier de la Légion d'honneur et de l'Ordre national du mérite.