« Il y a dans le fait d'être insulaire un poids métaphysique, écrit José Carlos Llop, car une île est déjà, en soi, un destin ». Et c'est à approfondir ce poids métaphysique que s'attache ce livre. Dans la cité engloutie, chronique personnelle et familiale, est le portrait d'une ville, Palma, née dans cette Méditerranée où se croisent l'Occident et l'Orient, d'où ce fatalisme sans lequel on ne peut comprendre sa distance souvent ambiguë à l'Histoire.

Elle fut en effet une terre d'exil, accueillant tour à tour les persécutés et les persécuteurs de la Seconde Guerre mondiale, sans états d'âme. Avec en toile de fond la mer, son omniprésence, une frontière qui éloigne, qui enferme et qui donne un intolérable sentiment d'étouffement. Mais c'est aussi parce qu'elle isole que l'île attire tant d'étrangers prestigieux, d'Albert Camus à Gertrude Stein ou Juan Miro, d'Ava Gardner à la 6e flotte américaine qui apporte des disques de jazz.

Si tout continental considère les îles comme une promesse de paradis - une maquette du paradis, dit Llop -, le « temps retrouvé » de l'écrivain permet au lecteur de s'immerger dans un territoire secret rongé par la nostalgie, car il n'existe de paradis que perdus. Ce livre exceptionnel, dont le personnage est une île, a été loué par une critique espagnole unanime.

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