Candidats à la présidentielle : quelles propositions pour le Livre ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 16/02/2012 à 19H27
Une librairie, février 2012.

Une librairie, février 2012.

© François Guillot / AFP

Pour la première fois, les candidats à l'élection présidentielle ou leurs représentants ont confronté jeudi leurs propositions pour le livre devant les professionnels du secteur. Organisé par Livres Hebdo, ce débat s'est déroulé durant deux heures à la Maison de l'Amérique latine à Paris.

Marin de Viry (représentant de Dominique de Villepin, République solidaire), François Bayrou (MoDem) - seul candidat à s'être déplacé en personne , Gaël Nofri (Marine Le Pen, Front National), Alain Hayot (Jean-Luc Mélenchon, Front de Gauche), Aurélie Filippetti (François Hollande, Parti socialiste) et Marie-Christine Blandin (Eva Joly, Europe Ecologie-Les Verts) ont exposé tour à tour leur programme avant de répondre aux questions du public.

L'ordre d'intervention des politiques a été scrupuleusement tiré au sort et chacun devait s'exprimer en un temps imparti.

Frédéric Mitterrand a pris la parole le premier, rappelant l'importance du livre en France: "3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, 30.000 emplois", "une affaire de civilisation qui engage notre conception de la société", a-t-il dit, avant d'être interrompu par le modérateur. "Sept minutes, c'est court pour réaffirmer notre amour commun du livre, constitutif de notre identité!" a souligné Aurélie Filippetti en entamant son intervention.

Consensus sur les grandes idées
Prix unique du livre, droits d'auteur, promotion de la lecture, aide aux libraires, riposte contre les géants américains de la vente en ligne et de l'édition numérique... Sur la plupart des sujets, les orateurs étaient plus ou moins d'accord, à l'exception du relèvement de la TVA de 5,5 à 7% et de quelques incursions dans la politique des dépenses publiques.

"Le livre nous a faits", a affirmé François Bayrou. Dans un pays où "les présidents de la République ont tous écrit, il faut au moins donner le temps des mutations qui s'imposent aux librairies", "harmoniser le prix du livre avec la presse quant à la TVA" et "mieux utiliser les moyens existants", a-t-il souhaité.

Face à la révolution numérique, M. Bayrou, comme le représentant de M. de Villepin, a prôné "une riposte stratégique que la filière doit apporter collectivement". M.Nofri, du FN, a proposé de "remettre le livre et la lecture dans les petites classes, tout comme les classiques", suscitant une certaine exaspération de l'assistance.

Et, "dès que la gauche sera au pouvoir", M. Hayot (représentant de Jean-Luc Mélenchon) veut lui organiser "des Etats généraux du livre décentralisés".

La chaîne du livre en difficulté
Très en verve, Mme Blandin (EE Les Verts) a avoué qu'elle préfèrerait voir d'autres livres entrer dans les meilleures ventes "que les recettes au Nutella ou le régime Ducan". La sénatrice et présidente de la commission de la Culture du Sénat a fait sourire à plusieurs reprises l'assemblée en évoquant notamment une campagne de promotion de la lecture au Québec: "Le plaisir se trouve sous la couverture: un couple enlacé sous une couverture.... Mais la couverture c'est celle d'un livre."

"C'est bien l'humour", a salué Matthieu de Montchalin, président du Syndicat de la librairie française, avant de conclure, plus grave: "C'est la première fois que la chaîne du livre est en difficulté. Le numérique a ravagé d'autres secteurs, les politiques en ont tous conscience, quelle que soit l'issue du scrutin."

Le 22 février, c'est l’Adami qui invite les représentants des candidats à venir confronter leur programme sur la culture et le numérique à La Gaité Lyrique.