Jean d’Ormesson : "La vie est une fête et un désastre"

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/01/2016 à 11H37, publié le 11/01/2016 à 11H25
Jean d'Ormesson invité du 20 heures de France 2 le dimanche 10 janvier 2016.

Jean d'Ormesson invité du 20 heures de France 2 le dimanche 10 janvier 2016.

© France 2

Il fait partie des personnalités préférées des Français. A 90 ans (91 cette année) Jean d’Ormesson est un incorrigible optimiste. Dans son dernier livre, "Je dirai malgré tout que cette vie fut belle" (Gallimard), l’académicien fait son propre procès. Et il est un juge sévère, ainsi qu’a pu le constater Laurent Delahousse dont l’écrivain était l’invité ce dimanche 10 janvier.

Reportage : V.Gaget / N.Sadok / O.Gardette
On ne présente plus Jean d’Ormesson. Plus jeune académicien à 48 ans en 1973, auteur de nombreux best-sellers et surtout personnalité appréciée des Français à droite comme à gauche, l’écrivain-journaliste vient de sortir un nouvel ouvrage. Un livre miroir, dans lequel il fait le procès de sa propre existence. Ayant emprunté à Aragon ce célèbre vers "Je dirai malgré tout que cette vie fut belle" (Les yeux et la mémoire – 1954), M. le Comte d’Ormesson revient sur sa vie de jeune aristocrate, passionné de littérature que la vie a plutôt comblé .

La gaité, malgré tout 

Lui qu’on décrit comme un "antidépresseur littéraire" ("je devrais être remboursé par la Sécurité sociale ! ", s’amuse-t-il) trouve difficile d’être un écrivain du bonheur dans le monde actuel. "Le monde est cruel, les gens sont malheureux, il faut essayer de prendre avec une sorte de gaité , même les catastrophes". Un optimisme de principe qui ne l’empêche pas de rester critique. Vis-à-vis des politiques – François Mitterrand, François Hollande dont il salue l’habileté mais regrette le manque de vision historique – de ses contemporains mais aussi et surtout vis-à-vis de lui-même.

Merci et pardon 

S’il devait résumer ce dernier ouvrage, Jean d’Ormesson utiliserait deux mots "merci", pour tous les bienfaits et  le succès dont on l’a gratifié, et "pardon". Lui le mondain de droite élevé dans un château a réussi à trouver le bonheur, alors que beaucoup ne l’atteignent jamais. Alors bien sûr, la vie ne l’a pas toujours épargné, il a lui aussi subi des revers cuisants. Surtout, à l’entendre, avec le beau sexe. Ce charmeur l’assure : "Ce que les femmes préfèrent chez moi, c’est me quitter !"
 
 
"Je dirai malgré tout que cette vie fut belle" de Jean d'Ormesson (Gallimard- janvier 2016), 484 pages – 22,5 euros.