"Ginette Kolinka, une famille française dans l'Histoire": journal d'une rescapée

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 16/10/2016 à 12H42
Ginette Kolinka lors d’une rencontre avec des élèves à Angoulème (Charente), le 8 décembre 2015

Ginette Kolinka lors d’une rencontre avec des élèves à Angoulème (Charente), le 8 décembre 2015

© Michel AMAT/ PHOTOPQR / SUD OUEST / MAXPPP

A 91 ans, Ginette Kolinka est l’une des dernières survivantes des camps d’exterminations nazis. Après s'être murée dans le silence pendant des années, elle est devenue l'une des plus actives passeuses de la mémoire de la Shoah, sillonnant le pays pour raconter son histoire aux jeunes générations. Aujourd’hui, elle a décidé de témoigner dans un livre. Nous l'avons rencontré à Paris

Ginette Kolinka a 19 ans quand elle est déportée en avril 1944, avec son père, son frère et son neveu à Auschwitz-Birkenau. La famille réfugiée en zone libre, en Avignon, avait été arrêtée après une dénonciation, puis rapidement transférée vers Drancy et la Pologne.

Ginette Kolinka sera la seule à survivre à l’enfer. À son retour, elle se mure dans le silence. Même à son fils Richard Kolinka, batteur du groupe Téléphone, elle ne dira pas ce qu’elle a enduré. Jusqu’à un voyage en famille à Auschwitz, qui va provoquer un déclic et lui donner l’envie de témoigner de l’horreur de la Shoah. Pour ne jamais oublier.

Reportage : D. Wolfromm / P. Maire / E. Piquereau J. Pires

Matricule 78599

Ces cinq chiffres tatoués sur son bras gauche lui rappelle sans cesse qu’elle est une miraculée. Sur les 80 000 juifs français qui ont été déportés vers des camps d’extermination, seuls 2500 sont revenus en 1945.

On a tellement supporté, on a tellement subi de choses… que chaque fois que je le raconte, je le vis, et je me dis mais comment ça se fait que je suis encore là…


Au détour du livre apparaît son amie, Simone Veil. Quand elles se rencontrent à Auschwitz, les deux jeunes femmes ont à peu près le même âge. Simone à 17 ans, Ginette, 19, et toutes les deux sont esclaves dans le camp de travail des femmes. Et un jour, Simone Veil lui donne une robe :

On était mal habillé, je n’avais plus de cheveux, et vraiment si je n’avais pas eu cette robe, je crois que… le moral étant à zéro… et bien vous savez quand on avait le moral à zéro, la mort elle venait vite.

Ginette Kolinka

Pour cet ouvrage, Ginette Kolinka a confié ses souvenirs au journaliste et producteur Philippe Dana.
Ginette Kolinka © DR
"Ginette Kolinka, Une famille française dans l'Histoire" de Philippe Dana.
Editions Kero (224p - 17,90€)