"Watertown", le nouvel album de Götting, un polar cinématographique dans l'Amérique des années 60

Par @LaurenceHouot Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox
Publié le 07/02/2016 à 15H24
"Watertown", Götting (couverture, détail)

"Watertown", Götting (couverture, détail)

© Götting / Casterman

Rare en BD, Jean-Claude Götting, l'illustrateur des couvertures de l'édition française de la série "'Harry Potter" (entre autres), publie "Watertown" (Casterman) une enquête dans l'Amérique les années 60, qui distille son suspense dans une atmosphère feutrée. Un scénario ficelé comme un polar, servi par des cadrages et un découpage cinématographiques et un magnifique graphisme tout en matières.

Années 60. Philip Whiting employé d'une compagnie d'assurances, coule une vie tranquille dans la petite ville de Watertown, Massachussetts. Chaque matin il passe dans la boutique de M. Clarke pour acheter un muffin, qu'il déguste sur le chemin de son bureau. Un matin, alors qu'il salue Maggie Laeger, l'employée de M. Clarke, par un "à demain", elle fait cette énigmatique réponse : "Demain, je ne serai plus là".
"Watertown", Götting, page intérieure (détail)

"Watertown", Götting, page intérieure (détail)

© Götting / Casterman
Cette réflexion aurait sans doute disparu de la mémoire de Philip Whiting si le lendemain on n'avait pas retrouvé M. Clark mort dans sa boutique, écrasé par une lourde étagère, et que la charmante Maggie Laeger ne s'était pas volatilisée. Puis, coup de théâtre, alors que Philip Whiting rend visite à son frère et sa belle-sœur à Stockbrdge, à l'autre bout du Massachusetts, il rencontre Marie Hotkins, une jeune femme qui ressemble étrangement à la Maggie disparue deux ans plus tôt. Philip Whiting, intrigué, décide de mener l'enquête…

Les belles matières du graphisme de Götting

"Watertown" est un album à l'atmosphère absorbante. Le scénario, déroulé implacablement mais sans précipitation, dévoile une vérité bien différente de ce que les apparences laissent croire. Des détails de l'histoire, ses replis, et le contexte restent pour partie hors champ, laissant au lecteur la possibilité de prendre des chemins de traverse.
"Watertown" Götting, page intérieure

"Watertown" Götting, page intérieure

© Götting / Casterman
Cadrages et découpage cinématographiques, "Watertown" est construit comme un film noir dans la plus pure tradition hollywoodienne. Pour l'atmosphère, on retrouve le graphisme de Jean-Claude Götting, travaillé, tout en matière, qui fait penser à la linogravure mais qui est une technique unique qu'il a mise au point : "un trait noir au pinceau et un travail de grisés réalisés avec un petit rouleau à gouache, modulés à la gouache blanche pour les lumières", explique-t-il. Nouveauté : cette fois-ci il a introduit des couleurs, un bleu, un jaune, "avec des couches de Pantone ajoutées numériquement", précise-t-il, pour ajouter "un petit côté vintage". Un album très réussi.
"Watertown", Götting (Couverture)

Watertown Götting
(Casterman - 96 pages couleurs - Cartonné - 18 euros)