Rebond de Tintin en librairie grâce au succès du film de Spielberg

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 11/11/2011 à 11H23
Couvertures de BD de Tintin

Couvertures de BD de Tintin

© JP Muller. AFP

Le succès des "Aventures de Tintin" de Steven Spielberg au cinéma redonne une nouvelle jeunesse aux albums BD en Europe. Les éditeurs espèrent que cet engouement se propagera à l'Asie et aux Etats-Unis.

En octobre, les ventes des albums en français ont doublé, à 200.000 contre 100.000 en moyenne pour un bon mois, selon les premiers chiffres donnés par Casterman, l'éditeur historique des aventures du petit reporter.

"Le film a enclenché une bonne dynamique commerciale. Les retours des libraires sont très positifs", a déclaré Simon Casterman, le directeur commercial de la maison d'édition d'origine belge. Les albums qui se vendent le mieux sont "Le secret de la Licorne", "Le trésor de Rackham le Rouge" et "Le crabe aux pinces d'or", sur lesquels Steven Spielberg a construit son scénario. Mais l'engouement profite également aux 20 autres albums, dont Tintin "au Congo" et "en Amérique", traditionnellement les plus prisés.

"Le phénomène le plus intéressant est que le film a remis Tintin dans les mains des enfants", se félicite Simon Casterman.
Une fois le film vu, de nombreux jeunes spectateurs ont voulu se plonger dans les albums que possédaient leurs parents ou que ces derniers se sont empressés de leur acheter. La série a bénéficié du tapage promotionnel ayant accompagné la sortie du long métrage, qui fait depuis un carton en France et Belgique, les deux pays les plus "tintinophiles". Plus de quatre millions d'entrées ont été enregistrées en deux semaines dans l'hexagone et plus de 600.000 dans le royaume, selon les exploitants de salle. Le succès est au rendez-vous en Allemagne et en Espagne, où le petit reporter est populaire depuis longtemps, mais aussi en Italie, qui connaissait mal Tintin.

Les albums de Tintin sont décliné en 77 langues
Le film devrait permettre, à terme, à Casterman, qui détient les droits mondiaux, d'élargir le nombre de langues dans lesquelles parle Tintin, dont les albums se déclinent en 77 langues (48 étrangères et 29 régionales). Les espoirs se portent sur l'Asie, notamment en Inde où le jeune Belge s'exprime en anglais, en hindi et en bengali en attendant d'autres dialectes. La série d'albums a été relancée en chinois et en indonésien ces dernières années. "Depuis 2008, nous avons vendu 165.000 albums à 45.000 roupies (4 euros) l'unité", indique Dini Pandia, de la maison d'édition Gramedia à Jakarta. Même s'il est européen, "Tintin attire les enfants indonésiens car il a une dimension fortement humaine. Il peut ainsi pleurer après la mort d'un proche, ce qui n'existe pas dans les BD actuelles, peu sentimentales et dominées par les robots", explique-t-elle.

"Tintin en Amérique", le film y sort en décembre
Tintin espère aussi conquérir l'Amérique du Nord, où le film sort le 9 décembre en français au Québec puis l'avant-veille de Noël aux Etats-Unis. Pour attirer les lecteurs américains, Tintin est lancé dans des albums de format réduit avec des couvertures colorées et un cahier spécial replaçant ses aventures dans le contexte historique.

Tintin au coude à coude avec Astérix
Tintin représente "entre 10 à 15%" du chiffre d'affaires annuel de Casterman (de l'ordre de 40 millions d'euros), indique Simon Casterman. Il réussit à demeurer "parmi les meilleures séries de BD, au coude à coude avec Astérix, alors que son dernier album remonte à 1978, Hergé ayant exclu que son oeuvre soit poursuivie après sa mort" en 1983, précise-t-il.