Quand Tintin débarque en Charente : "L'île noire" traduite en saintongeais !

Par @Culturebox
Publié le 31/07/2013 à 11H53
Couverture de l'album "L'île noire" traduit en saintongeais

Couverture de l'album "L'île noire" traduit en saintongeais

© France 3/ Culturebox

Traduites partout dans le monde, les aventures de Tintin ont très tôt été reprises en langues régionales, offrant à certains territoires l'occasion d'affirmer leur identité devant les centralismes modernes. Sous l'impulsion du magazine Xaintonge, L'île noire, 7e opus mettant en scène le célèbre reporter, Casterman sortira fin novembre une édition en saintongeais, un patois charentais.

Après le Corse, le Ch'ti, le Breton et d'autres langues locales, "L'île noire" va avoir sa version en saintongeais. Et comme Casterman ne fait pas les choses à moitié, l'édition sera accompagnée d'une présentation de la langue saintongeaise, parlée encore de nos jours du côté de Royan (Charente-Maritime) ainsi que d'un lexique de plus de 800 mots pour ne pas dépayser les néophytes.

Cerise sur le gateau, cette édition, bien qu'éditée en seulement 3000 exemplaire, n'est pas plus chère qu'une édition standard. Seul hic, l'achat s'effectue uniquement par souscription via internet et il n'y en aura pas pour tout le monde. Tintinophiles, à vos claviers, et vite !

Reportage de C. De Ponchalon, Y. Etienne, M. Coudrin
Petit rappel historique pour tintinophiles paumés

Les premières traductions du genre furent le catalan et le basque, en Espagne ; le breton et l'occitan, en France. S'ajoutèrent, le frison, le bernois, le féroïen, l'asturien... et plus près de nous, l'alsacien, le corse, le gaumais (lorrain), le gallo, le picard et désormais le saintongais.

Quant à l'album en lui même, "L'île noire" est le seul album de Tintin a avoir connu trois versions différentes. Paru initialement dans "Le Petit Vingtième" du 15 avril 1937 au 16 juin 1938, l'éditeur belge Casterman sort la première version album en noir et blanc courant 1938. Il faudra attendre 1943 pour voir apparaître la première version en couleur avant qu'Hergé n'enrichisse l'album de détails au niveau des objets et du décor en 1965 à la demande des éditeurs anglais.

Allusions

Mettant pour la première fois le célèbre reporter aux prises avec le docteur Müller (qu'on retrouvera dans "Tintin au pays de l'or noir" et dans "Coke en Stock"), nom à consonnance germanique, l'album dénonce d'une manière peu dissimulée la montée du nazisme, un thème que l'on retrouvera dans l'album suivant : "Le sceptre d'Ottokar". Le monstre de l'île noire, qui fait peur aux pêcheurs par ses hurlements, s'avère être un gorille du nom de Ranko inspiré par King Kong (le film est sorti en 1933), un animal qui, au dela des apparences, s'avère un joyeux compagnon. Comme quoi l'habit ne fait pas le moine. Merci Tintin !

En savoir plus sur les traductions de Tintin en langues régionales.