"Panama Papers" : le nom de Jacques Glénat cité, le monde des bulles choqué

Par @LaurenceHouot Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox
Mis à jour le 07/04/2016 à 15H19, publié le 07/04/2016 à 15H00
L'éditeur Jacques Glénat au festival d'Angoulême en 2014

L'éditeur Jacques Glénat au festival d'Angoulême en 2014

© PHOTOPQR/SUD OUEST

Le petit monde des bulles indigné après avoir découvert hier 6 avril dans les colonnes du journal Le Monde, le nom de Jacques Glénat, propriétaire du groupe d'édition qui porte son nom, cité dans le scandale "Panama Papers".

Selon Le Monde, Jacques Glénat, cité dans le scandale des "Panama Papers", a détenu de 2009 à novembre 2014 la société Getway SA, domiciliée aux Seychelles. Selon les documents consultés par Le Monde, les quatre millions d'euros placés sur ce compte auraient permis à l'éditeur d'acquérir des œuvres d'art, "des Bruegel le jeune, un Corot, des Cranach, des Fantin-Latour, des Felix Ziem, etc. – mais aussi des bronzes ou de l’ébénisterie ancienne", précise Le Monde.

La société est dissoute en 2014 à la suite de la réforme de la législation des Îles Vierges britanniques. Mais au cours de l’été 2014, avant sa dissolution en novembre, la société de Jacques Glénat distribue en "dons manuels" à ses enfants les œuvres d’art. Contacté par Le Monde, Jacques Glénat a confirmé que Getway S.A. a donné des œuvres d’art à ses enfants, mais nie "tout lien direct avec cette société".

"Affligeant"

Jacques Glénat, surnommé "Picsou" par les auteurs, est connu dans le milieu de la BD comme un éditeur dur en affaires. L'apparition de son nom mercredi dans le scandale des "Panamas papers" a suscité de nombreux commentaires sur la toile.

"Et donc, pendant que les auteurs voient leurs droits détruits, l’on voit soudain dans le dossier des Panama Papers… ", a écrit Boulet sur son compte twitter en pointant sur l'article du Monde.

"Affligeant", a réagi Benoît Peeters sur son compte twitter.

Jacques Glénat "scandalisé par les amalgames"

Contacté par France 3 Alpes, Jacques Glénat actuellement au salon du livre de Bologne, s’est dit "scandalisé" et dénonce "l’amalgame" entre l’évasion fiscale de milliards et milliards d'euros par des industriels ou chefs d'États et "un don légal fait à ses enfants de manière légale". Il a  refusé de répondre sur ses liens avec Getway S.A. et sur le montage  fiscal dans lequelle elle est impliqué. "On ne va pas en faire un fromage", a-t-il lancé au journaliste qui le questionne.

Jacques Glénat joint par téléphone au salon du livre de Bologne le 6 avril par Jordan Guéant, France 3
Glénat est un des poids lours de l'édition BD, un secteur qui voit la profession des auteurs se précariser : selon une enquête faite par la profession et  publiée lors du dernier Festival d'Angoulême, 36 % des auteurs BD vivent sous le seuil de pauvreté.