Marre du sexisme dans la BD, les filles signent une charte

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/09/2015 à 15H33, publié le 15/09/2015 à 15H10
Visages de filles dessinés par Natacha Sicaud

Visages de filles dessinés par Natacha Sicaud

© France 3 / Culturebox

A Angoulême, un collectif de 165 auteures de bande dessinée vient de lancer un site internet dénonçant le sexisme ordinaire dans le neuvième art. Eviter de cataloguer systématiquement leurs œuvres au rayon BD féminines et dénoncer les clichés autour des auteurs femmes, la charte est lancée sur BDegalite.org. Pénélope Bagieu, Julie Maroh et Marion Montaigne ont déjà signé.

"Girly", "La bande dessinée féminine", et plus récemment à Bruxelles "la BD des filles", les auteures de bande dessinée en ont assez d'être systématiquement cataloguées dans une case qui les réduit à leur simple appartenance de genre. Elles ont donc créé le "collectif des créatrices de bande dessinée contre le sexisme", relayé par le site internet BDegalite.org. Nathalie Ferlut Co-signataire de la charte se souvient : "pendant des années les journalistes nous posaient la même question, sur la sensibilité dans la bande dessinée féminine, ce que ça pouvait apporter comme sujets".

Reportage : J. Deboeuf / C. Landais / C. Pougeas

Tous les genres sont dans la Bd

"La bande dessinée féminine" n’est pas un genre narratif rappelle la charte. L’aventure, la science-fiction, le polar, le romantisme, l’autobiographie, l’humour, l’historique, la tragédie sont des genres narratifs que les femmes auteures maîtrisent sans avoir à être renvoyées à leur sexe.

La bande dessinée n'a pas de sexe

Objet de marketing et de "sexisme ordinaire", les réseaux de distribution ont cloisonné la bande dessinée comme les jouets ou les vêtements d'enfants. Les signataires de la charte attendent des éditeurs, libraires, bibliothécaires et journalistes qu'ils cessent de cataloguer les créatrices de BD dans un seul et unique domaine forcément "genré". "On se sent insultée d'être constamment cantonnées à certains sujets futiles ou sensibles", souligne Natacha Sicaud. Le collectif encourage les libraires et les bibliothécaires à ne pas séparer les livres faits par des femmes ou soi-disant adressés aux filles, lorsqu’ils organisent leurs étalages.