Les fantômes d'Enki Bilal entrent au Louvre

Par @Culturebox
Mis à jour le 31/12/2012 à 11H24, publié le 21/12/2012 à 12H19
"Djenyaba et Salles rouges" : un des fantômes du Louvre par Enki Bilal

"Djenyaba et Salles rouges" : un des fantômes du Louvre par Enki Bilal

© Enki Bilal - Futuropolis - Musée du Louvre

Exposition au Louvre à Paris où l'auteur de BD a peint 22 visages sur des photos du musée qu'il a lui-même réalisées. Des fantômes révélés à l'acrylique et au pastel qui se superposent en transparence aux œuvres et aux galeries comme si l'art avait un au-delà.

Enki Bilal lors de l'inauguration de l'exposition au musée du Louvre à Paris (19/12/12)

Enki Bilal lors de l'inauguration de l'exposition au musée du Louvre à Paris (19/12/12)

© Francis Forget
Non loin de la Victoire de Samothrace, dans la prestigieuse salle des Sept-Cheminées, jadis chambre à coucher de Louis XIV, Enki Bilal expose ses tableaux. Pour les réaliser, il a hanté les allées du musée et pris près de 400 clichés. Sans savoir pourquoi, il en choisit 22. "Puis j'ai glissé quelqu'un d'autre entre l'œuvre et celui qui la regarde, je me suis mis à peindre sur ces tirages un personnage sans savoir qui je peignais, c'est seulement après que j'ai inventé leur histoire", raconte l'artiste.
La grande galerie du Louvre et son fantôme Markus Dudke présenté avec sa biographie à droite du tableau.

La grande galerie du Louvre et son fantôme Markus Dudke présenté avec sa biographie à droite du tableau.

© Enki Bilal / Futuropolis / musée du Louvre (photo Francis Forget).
Chacune des toiles est accompagnée d'une biographie fictive du fantôme qui l'habite. Bilal vient de la BD et n'a pas tout à fait perdu l'usage de mettre des mots autour des images pour construire une histoire. "Depuis que je fais des films, j'ai une impression de redondance dans la bande dessinée, ça me gène un peu. Alors je glisse vers la peinture et l'écrit. J'accorde de plus en plus de place au texte dans mon travail", explique Enki Bilal. Ses fantômes appartiennent bien à son imaginaire, leurs parcours de vie sont violents, cruels, cabossés ou chaotiques. Leurs biographies sont documentées, précises, cliniques, presque comme si Les belles histoires de l'Oncle Paul  étaient écrites par un médecin légiste.
Arjuna Asegaff, fantôme peint sur le détail d'une toile du Baron Pierre Narcisse Guérin

Arjuna Asegaff, fantôme peint sur le détail d'une toile du Baron Pierre Narcisse Guérin

© Enki Bilal / Futuropolis / musée du Louvre (photo Francis Forget).
Enki Bilal est couru et reconnu. Il fait exploser les enchères en salle des ventes. Il détient le record de l'œuvre la plus chère vendue pour un auteur de BD vivant : 177.000 euros. Le Louvre est-il l'ultime consécration ? "Je ne me dis pas, ça y est, je suis au Louvre, c'est gagné. La consécration, c'est l'arrêt et je ne veux pas m'arrêter. J'ai envie de garder la liberté de ce que j'ai envie de faire, de ce que j'ai besoin de faire", précise l'auteur. Une liberté qui le mènera encore aux cimaises des musées puisqu'une autre exposition est prévue pour juin 2013. Une "carte blanche" à Enki Bilal au Musée des arts et métiers à Paris, où une centaine d'originaux sera présentée en regard des objets.
Les fantômes du Louvre aux éditions Futuropolis

Les fantômes du Louvre aux éditions Futuropolis

© Francis Forget
Les fantômes de Bilal au Louvre
Reportage : MJ Jouan, L. Krikorian, G. Truffaut, L. Saadi (France 2)
Les fantômes du Louvre. Exposition d'Enki Bilal au musée du Louvre à Paris jusqu'au 18 mars 2013. C'est aussi un livre édité chez Futuropolis qui reprend textes, photographies, dessins et peintures de l'exposition.