La philo en BD dans La Planète des Sages : ça cartonne !

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 23/12/2011 à 15H23
La Panète des Sages / Encyclopédie Mondiale des Philosophes et Philosophies

La Panète des Sages / Encyclopédie Mondiale des Philosophes et Philosophies

© Jul. / Charles Pépin

La philosophie est-elle soluble dans la bande dessinée ? Oui, si l'on se fie aux chiffres. Avant même le grand rush de Noël, l'album de Jul et Charles Pépin, "La Planète des Sages", s'était écoulé à plus de 80 000 exemplaires. En même temps, tout cela n'est qu'un nombre, une quantité. Est-ce réellement une bonne manière de juger un ouvrage ? Quid du fond, de la forme, de l'intention ? Oups ! Ca y est, l'ombre des grands penseurs plane au dessus de nos têtes...

 

La Planète des Sages

La Planète des Sages

© Jul.

 

Késako ?

 

Monomaniaques s'abstenir. Dans cet album, il faut sans cesse rire ou sourire, puis réfléchir. A gauche, à droite, les narines se dilatent, les sourcils se froncent. "La Planète des Sages" est un improbable mariage entre la bande dessinée humoristique et la philosophie, le pari étant d'illustrer par une scénette comique, puis d'expliquer le plus simplement possible, sans trahir, une pensée philosophique ou la réflexion d'un sage. Descartes, Kierkegaard, Foucaud, Derrida, Bouddha, Sénèque ou Averoès sont ainsi passé à la double moulinette de Jul et de Charles Pépin.

 

Jul , Charles Pépin

Jul , Charles Pépin

© Dargaud

 

Et toi t'es qui ?

 

La dernière farce de Jul, avant de vouloir nous faire réviser la philo, c'était de nous raconter la politique française à travers le quotidien d'une famille néanderthalienne, dans "Silex and the city". Carton plein. Dans la "Planète des Sages", c'est un peu la même ficelle. Confuscius est un serveur de restaurant chinois maniaque,  Heidegger est tantôt en Hitler, tantôt nu, tantôt supporter du PSG, Platon est patron de discothèque. Et le ressort comique fonctionne plutôt bien.

Charles Pépin est philosophe, écrivain et journaliste. La page de droite, c'est lui. Ill se charge de définir chaque intellectuel ou courant de pensée, le plus sérieusement et le plus simplement du monde, en s'appuyant sur l'illustration de gauche. Il faut parfois y relire à deux fois, mais c'est globalement clair et didactique.

 

Jul

Jul

© Jul

 

CQFD

 

Le public visé, selon l'éditeur Dargaud, ce sont les professeurs de philo, les lycéens, et les adultes qui souhaitent se remettre à la philo. Au vu des chiffres de vente, l'objectif est atteint, et même dépassé. Ce que l'on retiendra pour autant de cet ouvrage, c'est son côté divertissant.  On apprend des choses, certes, mais difficile de creuser en une page les idées de Bouddha, de Sartre, Derrida ou Voltaire. Voyons-y simplement une petite évocation ou révision. Et cela peut aussi être l'occasion de se remémorer des souvenirs sur cette si étrange ou passionnante, c'est selon, discipline lycéenne...