La BD en 2014 : parutions en hausse et tirages en baisse

Par @Culturebox
Mis à jour le 29/12/2014 à 13H55, publié le 29/12/2014 à 13H18
Blake et Mortimer devant le logo de la Marque jaune, leur éternel ennemi

Blake et Mortimer devant le logo de la Marque jaune, leur éternel ennemi

© Dargaud

Production de BD en hausse mais tirages toujours en baisse, inflation d'éditeurs mais domination de trois géants, résistance du secteur mais précarité des auteurs : 2014 a été "l'année des contradictions", selon le rapport annuel de l'ACBD publié lundi.

Après un recul en 2013, la production de bandes dessinées sur le territoire francophone européen (France et Belgique essentiellement) est repartie à la hausse avec 5.410 titres publiés dont 3.946 nouveautés, indique l'Association des critiques et journalistes de bande dessinée. Il y a vingt ans, on comptait seulement quelques centaines de nouveautés par an... "La diversification du secteur reste dynamique mais la prudence plus que l'innovation domine dans un marché en manque de visibilité", souligne Gilles Ratier, secrétaire général de l'ACBD. Et si "l'économie générale du secteur se maintient, le niveau de vie des auteurs professionnels est préoccupant".

3 groupes contrôlent une grande partie de l'offre éditoriale

Delcourt, le franco-belge Média-Participations et Glénat ont totalisé 36,23 % de la production. 349 éditeurs, dont 121 nouveaux venus, ont publié des BD, contre 332 l'an passé. Les ventes en volume se sont tassées d'environ 0,7% sur les 9 premiers mois de 2014, d'après Livres Hebdo/I+C. Il faudra attendre le début de l'année prochaine pour affiner le bilan, toutefois, le 4e trimestre devrait être moins bon que celui de 2013, soutenu par "Astérix chez les Pictes", tiré à 2 millions d'exemplaires pour la France (5 millions toutes éditions confondues). L'économie de la bande dessinée résiste toujours à la crise mais les tirages de la plupart des principaux best-sellers de l'année subissent un nouveau recul.
               
"Blake et Mortimer" en tête

L'essentiel du chiffre d'affaires du secteur a été réalisé par quelques titres, majoritairement des séries. Seuls 98 albums ont été tirés à plus de 50.000 exemplaires, dont 75 appartenant au domaine franco-belge. Aux premiers rangs se retrouvent "Blake et Mortimer tome 23", "Le Chat tome 19", "Joe Bar Team tome 8", "Largo Winch tome 19", "Lucky Luke tome 6", "Happy Parents" de Zep, "XIII tome 23" et "Les Légendaires tome 17". Parmi les autres succès, "L'Arabe du futur: une jeunesse au Moyen-Orient" de Riad Sattouf et "Moi, René Tardi prisonnier de guerre au Stalag II B T. 2" de Jacques Tardi.

La BD francophone demeure ouverte aux productions étrangères, Asie et Etats-Unis restant en tête avec, respectivement, 1.576 et 431 nouveaux titres traduits sur 2.275 BD issues de 31 pays différents. Le secteur patrimonial s'est envolé en 2014 avec 1.058 nouvelles éditions ou intégrales, alors que 186 titres datant de plus de vingt ans ont été proposés en album pour la première fois.

La BD numérique a du mal à trouver ses marques, malgré des initiatives d'auteurs, de diffuseurs ou d'éditeurs

La plateforme de distribution Izneo créée par les éditeurs s'affirme comme le leader du marché français avec 300.000 albums vendus. Un quart de son activité est réalisé hors de l'espace francophone européen. Selon les critères mis en place depuis 12 ans, 1.411 auteurs réussiraient à vivre de la création de BD sur le territoire francophone européen mais leur situation demeure difficile. Quand leurs oeuvres servent de base à des films, téléfims, animations ou jeux vidéo, les auteurs s'en sortent mieux financièrement. Côté adaptations, au moins 22 bandes dessinées francophones ont donné lieu à des films, téléfilms et dessins animés.