L'auteur de BD Didier Comès est mort

Par @Culturebox
Mis à jour le 07/03/2013 à 11H21, publié le 07/03/2013 à 10H28
Didier Comès et la couverture d'une de ses BD

Didier Comès et la couverture d'une de ses BD

© Didier Comès / Casterman

Le dessinateur et scénariste de BD belge Didier Comès est décédé mercredi à 71 ans, a annoncé jeudi son éditeur, Casterman. Ce maître des longs récits fantastiques en noir et blanc avait connu la consécration avec "Silence" en 1979

Né en 1942 dans un petit village germanophone du sud-est de la Belgique, Didier Comès, de son vrai nom Dieter Herman, grandit dans les Ardennes belges.
 
Il se consacre d’abord au dessin industriel et s'intéresse aussi à la musique (il est percussionniste de jazz semi-professionnel). Puis il se lance dans la bande dessinée en 1969, avec de courts récits publiés par Pilote et le Journal de Spirou.
"Silence", le chef-d'oeuvre de Didier Comès

"Silence", le chef-d'oeuvre de Didier Comès

© Didier Comès / Casterman
 
Son style s'affirme avec "L'Ombre du corbeau", un récit onirique sur un  soldat allemand durant la guerre 1914-18. Privilégiant le noir et blanc et les longues histoires, comme son  ami Hugo Pratt, Didier Comès connaît la consécration avec "Silence", un récit envoûtant publié par le mensuel (A suivre) en 1979. L'album raconte l'histoire d'un ouvrier agricole mutique, méprisé par ses semblables mais en communion avec la nature. C'est son plus grand succès. Il sera ensuite couronné par le festival de BD d'Angoulême en 1981.
 
Un orfèvre du dessin
Resté fidèle aux Ardennes où il vivait à l'écart du monde de la BD, il a publié plusieurs autres longs récits, dont "La Belette", "Eva",  "L'Arbre-Coeur" et "Dix de Der" (2006), qui prend pour cadre la Seconde guerre  mondiale. Une dizaine au total.
L'exposition de Comès à Liège, sur Liège TV
 
"J'ai rarement rencontré quelqu'un d'aussi cohérent par rapport à son oeuvre", a déclaré jeudi l'auteur belge de BD François Schuiten, cité par Casterman. "Je reste toujours ébloui devant la beauté de ses planches, la façon dont il traduit le mystère des forêts qui l'entourent. Il travaille le végétal comme un orfèvre ou un artiste japonais", a-t-il ajouté.
 
Le talent de Didier Comès a été récemment célébré par deux expositions à Liège (est de la Belgique) et à Angoulême en janvier.