Les arcanes d’Andreas : rencontre à Angoulême avec un auteur fantastique

Par @LaurenceHouot Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox
Mis à jour le 01/02/2013 à 14H51, publié le 01/02/2013 à 08H41
Andreas dans l'exposition qui lui est consacrée à Angoulême

Andreas dans l'exposition qui lui est consacrée à Angoulême

© Laurence Houot/ Culturebox

Le festival d’Angoulême consacre une exposition au dessinateur Andreas, le père de Rork, Capricorne ou Arq, aventuriers au long cours, dans des univers mystérieux. Rencontre avec ce grand auteur fantastique.

L’exposition  explore plus de 30 ans du travail d’Andreas. "Ca fait drôle de voir les planches comme ça, exposées. Chez moi, elles sont dans des cartons. Je suis heureux et quand je vois ça je me dis que finalement j’ai fait du bon boulot. Je suis toujours très critique avec moi-même, mais là je dois dire que je suis content ", dit Andreas en souriant. Son travail n’avait pas été exposé depuis les années 80. On y découvre d’une centaine de planches et d’illustrations originales prêtées par l’auteur, qui montrent le travail minutieux du dessin, et les univers fantastiques, les villes et les espaces, et une maîtrise parfaite des cadrages et du découpage. "Je commence toujours par le scénario, j’écris aussi les dialogues et ensuite je travaille sur le découpage. J’aime surtout le passage du scénario au dessin", explique Andreas.

Personnages en quête d’identité

Il raconte comment il a commencé la saga de Rork : "Au début le personnage de Rork, je l’ai inventé pour raconter des histoires fantastiques. Il n’avait pas une identité très définie. Et puis au fur et à mesure il a pris corps. Capricorne je l’ai d’abord testé dans Rork. Lui aussi il est à la recherche de son identité. C’est un peu comme moi en apprentissage, quand je cherchais une forme pour mes bandes dessinées."
Planche originale / Rork

Planche originale / Rork

© Andreas / Editions Le Lombard
Les villes imaginaires
 
Les univers d’Andreas sont traversés par des villes. "J’aime bien les villes et j'aime bien l’architecture. Avant de faire de la bande dessinée, je voulais être architecte. J’ai appris la perspective avec un architecte et j’aime bien dessiner des villes." Andreas n’est jamais allé à New York . "Quand j’aurai fini Capricorne, peut-être, j’irai à New York. Mais j’aime bien dessiner d’imagination. Il y a des codes de la grande ville, les perspectives, les buildings, après on peut inventer à partir de là."
Capricorne, extrait

Capricorne, extrait

© Andreas / Editions Le Lombard
Autant que ses dessins très fouillés, ses scénarios réservent toujours des espaces de découverte. "J’aime bien les films de Lynch, dit-il, parce que il y a ce côté mystérieux. Quand on voit ses films, on ne voit pas tout la première fois alors on a envie d’y retourner. Je voudrais faire pareil avec mes livres, qu’il y ait toujours quelque chose à découvrir.", explique Andreas, qui aime les histoires au long cours.

Les séries

"C’est comme ça que je suis venu à la BD, avec les séries, Asterix, Lucky Luke… Ce qui est bien avec les séries, c’est qu’on peut construire un monde, qui s’étoffe doucement, et qui finit par s’écrire lui-même, dans lequel on peut repiquer des détails, sans être forcément obligé de réinventer, réexpliquer." Le plaisir de l’auteur, mais aussi du lecteur, heureux de retrouver épisode après épisode, les personnages et les univers d’Andreas. Les aventures de Rork sont achevées, il a sorti l’année dernière le dernier album, le numéro 0 aux éditions Le Lombard. La fin des aventures de Capricorne se profile, mais cet insatiable conteur n’est pas prêt de lâcher le crayon.
Couverture Rork, L'intégrale

Couverture Rork, L'intégrale

© Andreas / Editions Le Lombard
Andreas parle avec la modestie des grands. L’exposition montre un travail magnifique. A ne pas rater.
 
Les Arcanes d’Andreas
Musée d’Angoulême, du jeudi 31 janvier au dimanche 3 mars 2013, 10 h/19 h.

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