Le dessinateur néerlandais Willem reçoit le Grand Prix d'Angoulême

Par @annieyanbekian Journaliste, responsable de la rubrique Jazz-Musiques du Monde de Culturebox
Mis à jour le 04/02/2013 à 10H20, publié le 03/02/2013 à 16H01
Willem en juillet 2006

Willem en juillet 2006

© Laporte / Leemage / MAXPPP

La ministre de la Culture Aurélie Filippetti a salué lundi, dans un communiqué, "le grand Willem". Le dessinateur satirique néerlandais a été couronné dimanche par le Grand Prix d'Angoulême lors du 40e Festival international de la bande dessinée.

La cérémonie de clôture se déroulait dimanche après-midi. Willem se voit récompensé pour l'ensemble de son oeuvre. Aurélie Filippetti s'est félicitée lundi pour cet artiste, "trait d'union entre le dessin de presse et le 9e art, deux genres auxquels il apporte son regard caustique et libre".

Bernhard Willem Holtrop, dit Willem, né à Ermelo (Pays-Bas) le 2 avril 1941. Il vit en France depuis 1967. Après des études aux Beaux-Arts dans son pays, où il s'est très tôt engagé dans la presse satirique (certaines de ses publications ayant été saisies, dont celles où s'illustraient entre autres Roland Topor et le futur cinéaste Picha), Willem a continué son combat en France. Il a commencé à dessiner pour "L'Enragé" en mai 1968. Il a participé aux premiers numéros de "Charlie Hebdo", est passé par "Hara-Kiri", puis plus tard à "Libération", avant de rejoindre le "Charlie Hebdo" nouvelle formule.

Sa griffe : l'irrévérence, bien sûr, dans une imagerie parfois rude, au service d'une satire sociale, politique et même géopolitique (certains de ses dessins sur la politique de l'ancien chef du gouvernement israélien Ariel Sharon lui ont valu d'être taxé d'antisémitisme, il a préféré en rire). Sa plume acerbe a vadrouillé au travers de BD, livres, reportages et dessins de presse.
L'un des combats de Willem en 2009 : les bombes à sous-munitions
Les autres lauréats (avec AFP)
- Le Prix du Meilleur album est allé au 2e tome du best-seller "Quai d'Orsay. Chroniques diplomatiques" (Dargaud) de Christophe Blain (dessin) et Abel Lanzac (scénario).

- Comme lors des 10e, 15e et 20e éditions, le festival a décidé d'attribuer un Prix spécial : il a été décerné pour l'ensemble de son oeuvre au Japonais Akira Toriyama, 57 ans, l'auteur du mythique Dragon Ball, le manga le plus vendu au monde avec quelque 230 millions d'exemplaires.

- Prix spécial du jury : "Le Nao de Brown" (Akileos) de Glyn Dillon (Grande-Bretagne)

- Prix de la Série : "Aama. Tome 2. La multitude invisible" (Gallimard) de Frederik Peeters (Suisse)

- Prix Révélation : "Automne" (Nobrow) de Jon McNaught (GB)

- Prix du Patrimoine: "Krazy Kat. 1925-1929" (Les Rêveurs) de l'Américain George Herriman (1880-1944)

- Prix du Public Cultura: "Tu mourras moins bête" (Ankama) de Marion Montaigne

- Fauve du Polar SNCF: "Castilla Drive" (Actes Sud/L'An 2) d'Anthony Pastor

- Fauve Jeunesse: "Les Légendaires Origines. Tome 1" (Delcourt) de Sobral et Nadou

La ministre de la Culture a rendu hommage à Christophe Blain (dessin) et Abel Lanzac, alias Antonin Baudry (scénario), qui ont reçu le Prix du Meilleur album pour le 2e tome de leur best-seller "Quai d'Orsay. Chroniques diplomatiques" (Dargaud). La ministre a salué "le trait si efficace de Christophe Blain, et leur manière inimitable de raconter la vie diplomatique comme une aventure romanesque".

Quelque 32 albums étaient en lice dans la Sélection officielle du Festival, réduite cette année. Douze albums étaient en lice dans la Sélection Jeunesse et dix dans la Sélection Patrimoine de la Caisse d'Epargne. Enfin, cinq albums concouraient dans la Sélection Polar SNCF.