Charlie Hebdo : Riss crée la polémique avec son dessin sur le petit syrien Aylan

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/01/2016 à 17H21, publié le 17/01/2016 à 17H15
"Que serait devenu le petit Aylan s'il avait grandi ?", dessin de Riss paru dans Charlie Hebdo

"Que serait devenu le petit Aylan s'il avait grandi ?", dessin de Riss paru dans Charlie Hebdo

© Riss

Le père d'un petit Syrien mort noyé alors que sa famille tentait de rejoindre l'Europe pour fuir la guerre a pleuré en voyant la caricature de son fils dépeint à l'âge adulte comme un agresseur sexuel dans l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo.

"J'ai pleuré quand j'ai vu le dessin", a confié par téléphone à l'AFP Abdallah Kurdi, ajoutant que sa "famille est toujours en état de choc". Selon lui, le dessin de Charlie Hebdo est "inhumain et immoral" et comparable aux actions des "criminels de guerre et terroristes" qui ont causé les milliers de morts et déplacés en Syrie et ailleurs.
Le dessin de Riss sur Eylan fait polémique
La photo d'Aylan Kurdi, trois ans, découvert noyé sur une plage turque, avait ému le monde entier et attiré l'attention internationale sur le drame des réfugiés qui risquent la périlleuse traversée en Méditerranée espérant atteindre l'Europe. Le frère d'Aylan, quatre ans, et sa mère, avaient également péri dans l'accident de leur embarcation.

Vives réactions

Dans un dessin au milieu d'une double page, une caricature signée du patron de Charlie Hebdo, dépeint un pervers à la poursuite d'une femme, sous le titre "Que serait devenu le petit Aylan s'il avait grandi?". Et Riss d'ajouter : "Tripoteur de fesses en Allemagne", en référence aux agressions sexuelles au Nouvel an dans ce pays européen qui a accueilli le plus grand nombre de réfugiés syriens.

Le dessin a déclenché de vives critiques sur les réseaux sociaux. La reine de Jordanie a réagi en a publiant sur les réseaux sociaux un dessin du caricaturiste jordanien Osama Hajjaj. On y voit le petit garçon gisant sur la plage avec, à côté, un enfant plus âgé portant un cartable, puis un médecin.D'autres réagissent sur les réseaux pour défendre le dessinateur, et l'esprit "Hara-kiri". Question de génération, explique le journaliste Daniel Scneidermann dans une lettre adressée au dessinateur via  son site et relayée  par L'Obs.

A Paris, interrogé jeudi par l'AFP sur la controverse suscitée par son dessin, le journal n'a pas souhaité s'exprimer.