"Bienvenue en adolescence", Titeuf revient... avec des poils !

Par @Culturebox
Mis à jour le 27/08/2015 à 11H30, publié le 27/08/2015 à 11H15
"Bienvenue en adolescence", Zep signe le quatorzième album des aventures de Titeuf

"Bienvenue en adolescence", Zep signe le quatorzième album des aventures de Titeuf

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

Titeuf, le gamin à la mèche blonde des cours de récré, imaginé par le dessinateur suisse Zep, n'avait pas donné de nouvelles depuis trois ans. Il revient dans ce quatorzième album mais pas tout à fait comme avant : Titeuf devient adolescent. Angoisses, boutons d'acné et premiers poils, tous les petits chamboulements hormonaux souhaitent avec humour une "Bienvenue en adolescence" au blondinet.

On l'a connu en couche-culotte au gré de ses aventures intrépides et le voici propulsé à l'orée de l'adolescence et d'un nouveau territoire. Eh oui, il faut bien l'accepter, dans ce quatorzième album Titeuf entre dans l'âge ingat, mais toujours avec une grosse dose d'humour. Depuis 1992, le petit bonhomme à la mèche blonde enchante les enfants comme les parents. Un héros vecteur de discussions dans les familles dont les psychologues se servent aussi pour débloquer des situations conflictuelles. Anne Peyrimat est coach parental, elle explique que les "les BD de Zep exagèrent la réalité mais que l'humour permet de prendre du recul et de rire".

Reportage : E. de Pourquery / M. Félix / M. Azor-Diawara / N. Horlais / S. Cicchini / JF. Lons / R. Morez

Le petit Tifeuf s'en est allé...

Plus précisément, "Titeuf arrive au seuil de l’adolescence", tempère son créateur, le Genevois Philippe Chappuis, plus connu sous son pseudonyme de Zep, rencontré à Paris à l’occasion de la sortie du 14e album de la série, "Bienvenue en adolescence!", publié comme les précédents par Glénat. L’éditeur a prévu un tirage de 500.000 exemplaires pour ce nouvel opus. 
Les 13 autres albums de Titeuf, traduits en 25 langues, se sont vendus à plus de 20 millions d’exemplaires. Star tranquille de la BD, Zep qui a créé Titeuf en 1992, a été récompensé par un grand prix de la ville d’Angoulême en 2004. Sur le vieillissement (relatif) de son personnage fétiche, Zep avoue son impuissance. "Titeuf était à la porte de l’adolescence depuis 23 ans, c’est normal qu’il souhaite passer de l’autre côté ", dit-il en souriant.

Les filles, toujours les filles

Pas de panique cependant. Le Titeuf pré-ado a toujours les mêmes préoccupations: les copains et les filles, surtout Nadia et Ramatou entre lesquelles son coeur balance et qui seront à l’origine d’un "drame" dès les premières cases de l’album. La mèche de Titeuf, de plus, va être arrachée! Le héros commentera lui-même cette catastrophe dans un style que tous les amateurs reconnaîtront: "J’vous jure, c’est pô facile d’être un sex-symbol". Pour Zep, pédagogue dans l’âme, il était intéressant de s’intéresser au "passage effrayant" de l’enfance à l’adolescence. "L’adolescence vue de l’enfance est quelque chose d’assez anxiogène", analyse-t-il.
Titeuf 14

© Zep / Glénat

L'adolescent et les questions sans fin

Quand Titeuf discute avec ses copains de l’adolescence, il imagine que son corps va se transformer à la manière de Hulk. "Le passage à l’adolescence, ça n’a rien de rassurant. On devient un autre. La voix, les poils, les boutons... C’est angoissant", confirme Zep. Va-t-il falloir être obligé "de lécher la bouche d’une fille" parce qu’on est devenu ado ? C’est l'une des questions que se pose Titeuf, apeuré par cette perspective.
Titeuf ado

© Zep / Glénat

Zep, le dessin dans les veines

La passion de Zep pour les histoires remonte à loin. A l’école, il pouvait "raconter des histoires en inventant des personnages et ça passionnait mes camarades de classe," se souvient-il. "Je me suis aperçu que j’avais un talent pour ça et que cela me permettait d’avoir une place dans la classe, dans l’école, dans la société". Raconter des histoires liées spécifiquement à l’enfance, cela est "venu plus tard". Vers 24 ans, Zep, déjà dessinateur, emménage dans un atelier situé près d’une école. "Pendant les récrés je me mettais à la fenêtre et un jour, soudainement, j’ai retrouvé mon enfance. Je me suis souvenu de tout très vite", dit-il, encore stupéfait par cet événement. Il note ses souvenirs dans un carnet.

Titeuf, mon fils ma bataille

"Titeuf, au départ, ce sont des prises de notes dans un carnet, comme un journal d’enfance. Ce n’était pas destiné à être publié", assure le dessinateur. Finalement, il envisage de faire un album tiré de ce carnet mais n’imagine pas qu’il y aura une suite. "Et voilà, 23 ans après, je continue à faire Titeuf", admet-il.
Il y a 23 ans Titeuf est né sous la plume de son crétateur, Zep

Il y a 23 ans Titeuf est né sous la plume de son crétateur, Zep

© France 3 / Culturebox / capture d'écran

Mais Zep, ce n’est pas que Titeuf. Il tient un blog illustré, "What a wonderful world", qui sortira en album chez Delcourt cet automne. Le dessinateur du "Guide du zizi sexuel" a également signé le scénario d’un album érotique, "Esmera", dessiné par Vince, qui paraîtra en novembre chez Glénat.

Un Titeuf père de famillle?

Du coup, Zep ne se lasse pas de Titeuf. Il envisage même, de faire un jour "un Titeuf père de famille". "J’imagine que je vais faire Titeuf toute ma vie. Je me vois bien, à 80 ans, dessiner un album de Titeuf. Sauf que je n’envisage pas, à 80 ans, de raconter des histoires de cours d’école", imagine-t-il. Un Titeuf à la maison de retraite? Les infirmières sont prévenues.
"Bienvenue en adolescence" Zep

"Bienvenue en adolescence" Zep

© Glenat

"Bienvenue en adolescence" de Zep chez Glénat