Aux sources de l'oeuvre imagée de François Bourgeon à Epinal

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/05/2015 à 14H07, publié le 30/05/2015 à 13H45
Couverture de "La petite fille Bois-Caïman" © Bourgeon / Delcourt

Epinal vit cette fin de semaine au rythme des "Imaginales", un festival dédié aux livres et aux mondes imaginaires. En marge de l'événement la bibliothèque de la ville a inauguré une exposition dédiée à un grand homme de la bande dessinée : François Bourgeon. L'occasion de mieux connaître l'artiste et son oeuvre.

François Bourgeon aura 70 ans en juillet, mais la seule concession qu'il fait à son âge, c'est de ne plus se lancer dans une saga. Ne lui parlez pas de retraite, en revanche, il a déjà sa prochaine bande-dessinée dans la tête : ce sera un projet historique pour lequel il doit se documenter. Il fera un ou deux tomes. Il n'en dira pas plus.

Discret l'artiste l'est à coup sûr. Il est l'un des grands maîtres de la BD français, mais il est moins connu que ses pairs. Pourtant, il fut un de ceux qui dès les années 70 révolutionnèrent l'esthétique et le fond des ouvrages dessinés pour adultes.

Une maquette d'après un desin de François Bourgeon

© Capture d'écran France 3

"Les passagers du vent" fut la première saga imaginée par François Bourgeon. Le premier tome fut publié en 1980, et lui valut aussitôt le Grand Prix du Festival d'Angoulême. Le dernier ouvrage de la série arriva en librairie en 2009. Chaque tome fut édité à plus d'un million d'exemplaires en France, et est traduit en 18 langues. Pas de quoi donner la grosse tête à notre homme qui prend son temps, peaufinant les mots comme les courbes.

L'auteur mit seize ans à réaliser les trois tomes des "Compagnons du Crépuscule", une autre fresque historique. Sa troisième grande oeuvre s'appellait le Cycle de "Cyann". Cette fois-ci l'épopée se déroulait dans le futur et en compagnie d'un co-scénariste, Claude Lacroix. Le dernier livre a été publié l'an dernier, plus de vingt ans après le début. "Le temps est un luxe", disait-il alors au Monde des Livres. Au Figaro, il s'insurgeait qu'on lui demande un héros au lieu d'une héroïne : "Un monde sans femmes m'ennuierait à mourir".

Le reportage d'Eric Bertrand, Sébastien Rock, Alain Thiery, Aldo Parvillez :

Les trois principales séries de François Bourgeon sont rééditées chez Delcourt.
Exposition "François Bourgeon, aux sources de l'oeuvre", jusqu'au 11 juillet à la BMI d'Epinal. Gratuit.