Galeries du 9e art, nouvel eldorado des dessinateurs BD ?

Par @Culturebox
Mis à jour le 06/12/2016 à 06H30, publié le 29/01/2016 à 11H56
La maison d'édition Glénat a ouvert en 2013 une galerie dédiée au 9e art

La maison d'édition Glénat a ouvert en 2013 une galerie dédiée au 9e art

© France 3 Culturebox

Quand on aime la bande dessinée, on va au Festival d'Angoulême qui a lieu ce weekend, on achète les albums de ses auteurs préférés ou - avec un budget certes plus conséquent- on s’offre les originaux signés de la main du dessinateur. A Paris, les galeries dédiés au 9e art se multiplient offrant aux artistes un débouché nouveau et plus rémunérateur que celui de la vente d’albums en librairies.

A Paris, une dizaine de galeries indépendantes ont investi le créneau du 9e art. Mais en 2013, la maison Glénat a été le premier gros éditeur à se lancer dans l'aventure en ouvrant en plein cœur de Paris une galerie à son nom. Un espace de 160m² où le public peut retrouver des planches originales de Druillet, Zep, Manara, Serpieri, Moebius, Reiser, Otomo pour n’en citer que les plus connus, car ici auteurs reconnus et jeunes talents se côtoient, tout comme les genres (mangas, comics, fantasy, érotisme, humour...).
La Galerie Glénat à Paris

La Galerie Glénat à Paris

© France 3 Culturebox
En créant ce lieu, Jacques Glénat, le fondateur des éditions du même nom, a voulu montrer "que les artistes de BD sont de vrais grands artistes". La galerie ne présente pas que des dessinateurs sous contrat avec Glénat mais le lieu sert quand même de rampe de lancement aux nouveaux albums maison : chaque sortie s’accompagne d’expositions temporaires qui se relaient tous les 15 jours. Jusqu’au 16 février prochain, c’est l'Italien Serpieri, le créateur de l’affolante héroïne Druuna qui est à l’honneur à l’occasion de la sortie de son nouvel album, "Anima – Druuna, les origines".

Reportage : D. Morel / L. Bignalet / C. Issoulié

Des prix de vente qui s'envolent

Si le nombre de galeries consacrées au 9e art est si important, à Paris en tout cas, c’est que la BD devient un art à part entière avec des cotes qui n’ont rien à envier à celles du marché de l’art "classique".

Preuve de ce changement : de prestigieuses maisons comme Christies, Artcurial (qui fut pionnère dans ce domaine) ou Millon organisent désormais des ventes aux enchères dédiées à la BD. On se souvient ainsi du record établi en 2014 avec la vente pour 2,5 millions d’euros d’une double page de garde réalisée à l'encre de chine par Hergé pour les albums de Tintin publiés de 1937 à 1958. Il s’agit d’un record mais ont peut également citer cette aquarelle de "Corto Maltese" signée Hugo Pratt qui s’est vendue à 392.000 euros ou cette toile monumentale de Philippe Druillet, un des maîtres de la SF, représentant son héros Yragaël, partie à 100.000 euros.

 21 novembre 2009 à Paris, lors de la vente aux enchères d'un dessin original de l'auteur de bandes dessinées Hugo Pratt.

 21 novembre 2009 à Paris, lors de la vente aux enchères d'un dessin original de l'auteur de bandes dessinées Hugo Pratt.

© LIONEL BONAVENTURE / AFP

Une nouvelle source de revenus pour les auteurs

Cette flambée de l’intérêt de collectionneurs fortunés (et donc des prix) autour du 9e art arrive à un moment où les auteurs sont de plus en plus nombreux à dire tout haut qu’ils n’arrivent pas à vivre de leur art (une pétition lancée en 2014 par le Snac, le Syndicat national des auteurs et des compositeurs, révélait que la moitié de la profession gagnait moins que le smic).

Pour eux, vendre des planches originales offre un nouveau débouché, beaucoup plus rémunérateur que les droits d’auteur. Interviewé par L’Express, le galeriste Daniel Maghen explique qu'"un dessinateur gagnera parfois plus en vendant un ou deux dessins grand format qu'avec un album de 48 planches, qui va lui demander un an de travail et lui rapporter une avance de 10.000 euros".

La Galerie Maghen à Paris

La Galerie Maghen à Paris

© Thierry Sauvage Philippe Cauvin

Nombreux sont désormais les illustrateurs qui se séparent donc de leurs originaux ou qui répondent directement à des commandes. Glénat a ainsi commandé trente toiles de son héros Lone Sloane à Philippe Druillet ou encore trente dessins grand format de l'Italien Tanino Liberatore sur le thème des Fleurs du mal. Des toiles qui seront vendues dans la galerie de l'éditeur où les prix vont d'une centaine d'euros à plus de 40.000 euros.

Philippe Druillet en mars 2014 à Toulouse

Philippe Druillet en mars 2014 à Toulouse

© PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI
Galerie Glénat 
22, rue de Picardie, 75003 Paris
Tél : 01 42 71 46 86
Du mardi au samedi de 11 heures à 19 heures.


Galerie Daniel Maghen
47 quai des Grands Augustins, 75006 Paris
Tel.: 01 42 84 37 39
Du Mardi au Samedi de 10h30 à 19h00