Angoulême : le Festival va ajouter des femmes dans la liste du Grand Prix 2016

Par @LaurenceHouot Journaliste, responsable de la rubrique Livres de Culturebox
Mis à jour le 26/01/2016 à 14H20, publié le 06/01/2016 à 16H49
Affiche du Festival d'Angoulême 2016 , détail

Affiche du Festival d'Angoulême 2016 , détail

Après la polémique lancée hier à l'annonce de la liste des auteurs sélectionnés pour le Grand Prix du Festival d'Angoulême, qui ne comportait aucune auteure femme, le festival réagit dans un communiqué et annonce que "sans enlever aucun autre nom", il va "introduire de nouveau des noms d’auteures dans la liste des sélectionnés au titre du Grand Prix 2016".

Le festival d'Angoulême réagit à la polémique lancée par Riad Sattouf hier, autour de la sélection des auteurs en lice pour le grand Prix du Festival, qui ne comportait aucune femme auteure.

"Le Festival ne peut pas refaire l'histoire de la bande dessinée"

"Lorsque l’on remonte dans ce laps de temps pour regarder quelle était la place des hommes et des femmes, dans le champ de la création, en matière de bande dessinée, force est de constater qu’il y très peu d’auteures reconnues", souligne le communiqué. "Si l’on observe la bande dessinée franco-belge, qui nous est la plus proche, et que l’on regarde des marqueurs générationnels, tels que les périodiques Tintin, Spirou, Pilote, A suivre, Métal Hurlant, Fluide Glacial, … il est objectivement beaucoup plus rapide de compter leurs auteures (presque sur les doigts de la main) que leurs auteurs", ajoute l'organisation du Festival, qui invite les polémistes à se tourner vers la sélection officielle, "celle-ci fait apparaître des créatrices dans une proportion tout à fait significative (25% des livres alors que la représentation de celles-ci parmi l’ensemble des auteur.e.s est inférieure à 15%)", précise le communiqué.

"Le Festival ne se contente pas de sélectionner des auteur.e.s, il les prime aussi"

"Même si elles doivent tout à leur propre talent, le Festival a joué un rôle important dans l’émergence d’auteures comme Marjane Satrapi ou Julie Maroh (dont les oeuvres ont été portées à l’écran et couronnées de succès)", se défendent les organisateurs du festival, ajoutant qu'il met en valeur les auteures également dans les expositions, rencontres, concours du festival : "au 42e Festival, Lisa Mandel, entourée de consoeurs, organisait avec succès une rencontre happening sur le thème 'La place des hommes dans la bande dessinée'", rappellent-ils ajoutant que  "pour l’édition 2016, il en est prévue deux dont les intitulés sont 'Les femmes dans la bande dessinée française et suédoise' et 'Trait féminin, trait masculin, venez deviner qui a dessiné quoi ?'".

Un geste d'ouverture

Le Festival affirme "comprendre très bien qu’aujourd’hui des femmes et des hommes soient sensibles à cet enjeu de la présence des créatrices dans la bande dessinée" et entend "que la dimension symbolique qui s’attache à lui, en tant qu’événement phare, puisse être l’occasion, pour elles et eux, de faire entendre cette préoccupation et la défense de cette cause".

Considérant que si le débat ouvert par cet "oubli" permettra peut-être de "faire avancer concrètement cette cause", le festival se félicite de pouvoir "y apporter sa contribution". Et conclut en annonçant qu'il va donc, "sans enlever aucun autre nom, introduire de nouveau des noms d’auteures dans la liste des sélectionnés au titre du Grand Prix 2016."

La décision du festival fraîchement accueillie par les auteur(e)s

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