Merwan nous raconte son "Bel âge" en bande dessinée

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 23/01/2012 à 17H55
Merwan

Merwan

© Vanessa Fize

Violette décide de se séparer de son petit ami. Elle vit chez ses parents. Sa situation la plonge dans un profond mutisme. Lila est thésarde. Elle doute constamment, et ne parvient plus à vivre en dehors de ses livres. Hélène trahit son amie et colocataire, en ayant une aventure avec le copain de celle-ci... Merwan, 35 ans, livre des portraits de femmes à mi chemin entre la vie d'ado et la vie d'adulte. Le regard est tendre, cru, les fleurs bleues écartées. Le premier tome de la trilogie "Le bel âge" vient de paraître chez Dargaud. Nous avons posé trois questions à son auteur pour l'occasion.

 

Merwan

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© Merwan / Dargaud

 

Culturebox : Comment est née cette trilogie ?

Merwan : C'était il y a presque dix ans, après une séparation amoureuse un peu particulière. J'étais chamboulé et je voulais raconter une histoire autour de ça. Mais j'étais beaucoup trop dans la passion pour pouvoir trouver un angle qui ne soit pas subjectif. Il fallait du temps, que ça passe. Autour de ce point de départ, j'ai eu tout un tas d'expériences qui symbolisaient l'entrée dans le monde adulte, à travers le travail, les amours, les groupes de copains qui vont, qui viennent et qui changent. Le déclic est venu plus tard, après la mort de ma grand-mère. J'ai été pris d'une vague de tendresse pour le monde qui m'entourait, et pour toutes mes histoires passées, les jeunes filles que j'avais connues. Je me suis dit que c'était de cette façon que je devais raconter l'histoire. J'étais sorti de mon désir et de mes maux, je voulais les raconter, elles.

 

Merwan

Merwan

© Merwan / Dargaud

 

Culturebox : Pourquoi cette période ?

Merwan : Je me suis rendu compte que cette période de ma vie était une période vraiment difficile. Ca a été comme une seconde naissance. On est coupé du cocon familial. Il faut construire sa vie, et tout ce qui ira autour. Il y a un sentiment de vide et de perdition. On pense savoir comment faire les choses, on ne veut pas se contenter de répéter ce qu'ont fait nos parents. On veut inventer, créer, et c'est là que la difficulté arrive. Je voulais raconter ce passage, que j'ai vécu très fortement, et je ne suis pas le seul, c'était le cas de mon entourage. Le but, sur trois tomes, est de raconter comment on parvient à sortir des impasses de cette période.

 

Merwan

Merwan

© Merwan / Dargaud

 

Culturebox : Des débuts remarqués dans le film d'animation, et maintenant la bande dessinée, pourquoi ce virage ?

Merwan : J'ai fait un premier film, un second qui m'a pris plus de temps, et entre temps j'ai fait ma première BD. J'avais vraiment envie de faire de la bande dessinée, mon mémoire de fin d'année en arts appliqués parlait déjà de mise en scène dans le neuvième art. Par rapport à l'animation, les projets que l'ont fait en courts-métrages sont longs et lourds à réaliser, et c'est  vrai qu'en BD il y a une facilité plus grande à raconter des histoires, de manière plus rapide, et plus dense.  Il y a des ressemblances avec l'animation : la possibilité de dessiner et d'imaginer le mouvement, les attitudes, les expressions. C'est une voie qui me plait beaucoup : marier les deux univers. J'y prends beaucoup de plaisir.