La BD "Le service", Alain Paillou la main dans le S.A.C.

Par @Culturebox
Mis à jour le 30/01/2013 à 10H10, publié le 29/01/2013 à 17H59
Le dessinateur Alain Paillou et les deux tomes de "Le service"

Le dessinateur Alain Paillou et les deux tomes de "Le service"

© Emmanuel Proust Éditions

Alors que l'actualité parle à nouveau du SAC à l'occasion de la possible réouverture de l'enquête sur la mort du ministre Robert Boulin en 1979, Alain Paillou publie avec Jean-Blaise Djian et Olivier Legrand le deuxième tome de la BD "Le service", évocation d'une officine entre politique et banditisme. Le SAC était le service chargé des basses, parfois très basses oeuvres du parti gaulliste.

Dissous en 1982 par le président Mitterrand, le SAC, Service d'Action Civique devait à l'origine constituer un groupe de fidèles du général De Gaulle, une sorte de garde rapprochée.
Au fil du temps et avant même la disparition du général, il est devenu une officine barbouzarde et son sigle a été cité dans de nombreuses affaires, de la disparition de l'opposant marocain Mehdi Ben Barka à la mort officiellement par suicide du ministre du travail Robert Boulin, pour terminer par le massacre dans un village provençal de la famille du responsable de l'organisation dans le sud-est de la France.
D'anciens résistants ont appartenu ou même dirigé le SAC sous la coupe de ministres de droite appartenant à l'UDR, puis au RPR. Il était peu à peu devenu une sorte de milice privée.
Selon certains historiens, il aurait en fait existé simultanément deux "SAC". L'un demeurant fidèle aux exigences de la République, toujours en restant au service du parti de droite, et un autre, appliquant des méthodes proches du grand banditisme et confondant service de l'Etat, intérêts privés et militantisme d'extrême droite. Selon François Audigier, auteur de "L'histoire du Sac", l'organisation aurait eu à répondre devant la justice de faits relevant de « coups et blessures volontaires, port d'armes, escroqueries, agressions armées, faux monnayage, proxénétisme, racket, incendie volontaire, chantage, trafic de drogue, hold-up, abus de confiance, attentats, vols et recels, association de malfaiteurs, dégradation de véhicules, utilisation de chèques volés, outrages aux bonnes mœurs. ».
Dans son film "Les Lyonnais" Olivier Marchal attribue au SAC la formation du célèbre gang de Monmon Vidal. Le casse de la poste de Strasbourg aurait, selon le film, servi à financer l'officine.

Les trois auteurs de la BD "Le service" seront à Angoulême 2013.
 
"Le service, l'histoire des hommes de l'ombre de la Ve République" 
Deux tomes "Premières armes 1960-1968" et "Hautes sphères 1974-1979"  
Emmanuel Proust Éditions