Avec "Dire et faire l'amour", Anne-Claire Rebreyend raconte un siècle de correspondance amoureuse

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 04/10/2011 à 18H13
Avec "Dire et faire l'amour", Anne-Claire Rebreyend raconte un siècle de correspondance amoureuse

Avec "Dire et faire l'amour", Anne-Claire Rebreyend raconte un siècle de correspondance amoureuse

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Parlez-nous d'amour. C'est ce que font des millions d'amants et d'amoureux depuis des siècles. L'historienne Anne-Claire Rebreyend s'est penchée sur ces lettres d'amour, regroupant 400 documents qui couvrent un siècle de correspondances enfiévrées dans un livre intitulé "Dire et faire l'amour, écrits intimes et confidences, de 1910 à 2010" (Editions Textuel).

Ce livre doit beaucoup à la grand-mère d'Anne-Claire Rebreyend. C'est Germaine en effet, qui a raconté à sa petite-fille ses souvenirs de jeune mariée, en 1947, à une époque où les femmes arrivaient vierges au mariage. Plus encore que les souvenirs, elle lui a montré ses lettres. De quoi fasciner Anne-Claire Rebreyend, à tel point que celle qui est devenue historienne s'est mise à chercher et à collectionner ces lettres d'amour, réalisant au final une thèse sur les pratiques amoureuses. Mais parmi les 400 documents présents dans "Dire et faire l'amour", beaucoup sont issus de l'Association pour l'autobiographie et le patrimoine autobiographique fondée en 1992 par Philippe Lejeune. L'auteure y a puisé près de 250 textes de femmes et d'hommes. Un fonds complété par les 2500 lettres envoyées à la journaliste Ménie Grégoire, mais aussi par une correspondance foisonnante, signée Simone de Beauvoir. Plus étonnant, des lettres envoyées au Mouvement du Planning Familial et qui révèlent les doutes d'une société confrontée à la libération sexuelle, comme en témoigne cette jeune femme de 25 ans qui écrit : " Je sais ce qui existe, ce qui se fait, j'ai peur de le faire, je n'ai pas envie, je me demande où est alors la limite de l'érotisme et du vice". Un questionnement qui ne peut faire oublier toute la poésie brûlante de certains textes : "De nouveau, je tremble... Mon désir pour toi est presque trop grand, cette fébrilité m'épuise,.. Ma journée va encore prendre la couleur étrange d'un rêve éveillé... Tu veux ma peau, c'est ça ?".