Ed. Gallimard
Octobre 2012
384 p. – 22,5 euros.

Ce fut une formidable bataille et une terrible défaite. Après de longues semaines de siège et de famine, Alésia finit par tomber : les armées gauloises cèdent aux légions romaines et leur chef, Vercingétorix, se livre à César. C’est là, sur le mont Auxois, que s’achève l’indépendance gauloise. Et pourtant, l’événement n’aura cessé de résonner dans notre mémoire ; pendant des siècles on le célébrait comme l’origine d’une civilisation gallo-romaine enfin pacifiée.

Ce livre propose de le retrouver pour en interroger à nouveau le sens et la portée. La déroute des Gaulois n’avait rien de prévisible ; Vercingétorix disposait de redoutables moyens militaires ; il commandait des forces considérables venues de toutes les contrées de la Gaule ; sa stratégie ingénieuse aurait pu permettre d’emporter la victoire. Seulement, ses pouvoirs politiques étaient limités et ses troupes trop désorganisées, et mal entraînées, pour mettre en œuvre son plan ; surtout, l’immense « armée de secours » qu’il avait réunie à Alésia, disparut corps et biens à l’heure décisive de la bataille : le génie diplomatique de Jules César y était pour beaucoup.

Si ce moment demeure une journée qui aura fait la France, écrit Jean-Louis Brunaux, c’est moins à Alésia même qu’il faut en chercher la raison mais, bien en amont, dans l’histoire longue de la Gaule, de sa civilisation, de ses institutions, de ses mœurs politiques : elles seules peuvent faire comprendre comment tout un élan « national » avait pu assembler la plupart des peuples de l’ancienne Gaule pour affronter les Romains. Alésia est ce miroir qui laisse entrevoir l’unité longtemps méconnue des nations gauloises.

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