Ed. du Seuil
Avril 2013
450 p. – 21,80 euros.

John Irving traite ici du désir, du secret, de l'identité sexuelle. A moi seul bien des personnages est une histoire d'amour inassouvi – une histoire tourmentée, drôle et touchante – et une approche passionnée des sexualités différentes. Billy, le narrateur bisexuel, personnage principal du roman, raconte les aventures tragi-comiques qui marquent durant près d'un demi-siècle sa vie de « suspect sexuel », expression déjà employée par Irving en 1978 dans Le Monde selon Garp, un roman qui fit date.

Livre le plus politique de John Irving depuis L'Œuvre de Dieu, la part du diable et Une prière pour Owen, A moi seul bien des personnages est un hommage poignant aux ami(e)s et amant(e)s de Billy – personnages de théâtre défiant les catégories et les conventions. Enfin et surtout, A moi seul bien des personnages est la représentation intime et inoubliable de la solitude d'un homme bisexuel qui s'efforce de devenir « quelqu'un de bien ».

Irving nous enchante avec cette formidable chronique de la seconde moitié du vingtième siècle américain, du grand renfermement puritain face à la libération sexuelle et à la guerre du Vietnam, sans oublier l'évocation de l'épidémie de sida et ses ravages ainsi que l'effarant silence des gouvernants (Reagan). Mais toujours de l'humour, beaucoup d'humour, arraché à la tristesse et la mélancolie.

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