Dernier opéra et testament de Benjamin Britten, donné au Teatro Real de Madrid dans une mise en scène de Willy Decker


Le dernier opéra de Benjamin Britten, un testament musical et spirituel 
Death in Venice (1973) a été composé trois ans avant sa mort par Benjamin Britten, compositeur, chef d'orchestre et musicien britannique. Il y aborde, au crépuscule de sa vie, de grandes questions existentielles et esthétiques, en faisant référence au dialogue socratique du Phèdre de Platon. Son personnage principal, l’écrivain Gustav von Aschenbach, conscient de vieillir et en panne d’inspiration, est confronté à Venise, au moment d’une épidémie de choléra, aux grandes interrogations qui l’ont hanté toute sa vie : la fascination pour la beauté absolue, le désir d’éternité et la contemplation de la mort. Et c’est un adolescent, Tadzio, qui lui renvoie les images de beauté et de perfection qu’il recherche, en même temps qu’il lui fait prendre conscience des sentiments troubles qui l’animent, jusqu’à ce qu’il en meure. La partition est d’une subtilité et d’une complexité peu communes.

Un livret d’après la nouvelle "Der Tod in Venedig" de Thomas Mann 
On ne peut bien sûr évoquer la nouvelle de Thomas Mann sans penser au film de Visconti (1970), et l’on ne peut non plus voir l’opéra de Britten sans y faire, consciemment ou non, référence. Car les choix du film, faits de non-dits construits sur la musique de Mahler, se sont imprimés de façon indélébile dans notre inconscient collectif. Si l’oeuvre de Britten reste d’une grande originalité musicale, son livret suit de si près la nouvelle – et donc le même scénario – que seule la mise en scène peut lui donner la liberté nécessaire à une vraie distanciation par rapport au film. A ce titre, la production stylisée du metteur en scène allemand Willy Decker, présentée par le Teatro Real de Madrid, est tout aussi fidèle au caractère fascinant et ambigu de l’œuvre, qu’étonnante par sa scénographie, qui dépeint dans des tableaux saisissants les désirs et les rêves qui hantent le personnage principal.

Un spectacle coproduit par le Teatro Real et le Gran Teatre del Liceu

Distribution

  • Date 17 décembre 2014
  • Durée 2min
  • Production Teatro Real & François Roussillon et Associés
  • Réalisation François Roussillon
  • Auteur Myfanwy Piper
  • Compositeur Benjamin Britten
  • Metteur en scène Willy Decker
  • Chorégraphe Athol Farmer
  • Chef d'orchestre Alejo Pérez
  • Orchestre Choeur et Orchestre du Teatro Real
  • Costumes Wolfgang Gussmann Susana Mendoza
  • Lumière Hans Toelstede
  • Décors Wolfgang Gussmann
  • Dramaturge Klaus Bertisch
  • Solistes Gustav von Aschenbach, John Daszak / Le voyageur, Leigh Melrose / Tadzio, Tomasz Borczyk / La voix d’Apollon, Anthony Roth Costanzo / L’employé anglais, le guide de Venise, Duncan Rock / La mendiante, Itxaro Mentxaka / Le concierge de l’hôtel, Vicente Ombuena / Le vendeur de cristal, Antonio Lozano / Le serveur, Damián del Castillo / La vendeuse de dentelle, Nuria García Arrés / La vendeuse de fraises et de journaux, Ruth Iniesta / La dame danoise, Cristina Herreras / La mère russe, Esther González / La dame anglaise, Oihane González de Viñaspre / La jeune fille française, Adela López / La mère française, Paula Iragorri / La mère allemande, Miriam Montero / La nourrice russe, Oxana Arabadzhieva / Deux gondoliers, José Carlo Marino, Fernando Campo / Deux Américains, Álvaro Vallejo, Enrique Lacárcel / Les musiciens ambulants, Legipsy Álvarez, Alexander González / Le gondolier, Rubén Belmonte / Le serveur, le père polonais, Elier Muñoz / Le batelier, Sebastián Covarrubias / Le père allemand, Vasco Fracanzani / Le père russe, Igor Tsenkman / Le serveur de l’hôtel, Ivaylo Ognianov / Le prêtre de Saint-Marc, Carlos Garcia / La mère de Tadzio, Silvina Mañanes / Les sœurs de Tadzio, Daniela Ceñera, Carla Felipe / La gouvernante, Maria Menendez