Premier danseur étoile de l’Opéra de Paris, Serge Lifar le chorégraphe a renouvelé la danse et le style néo-classique.

Danseur exceptionnel des Ballets Russes de Diaghilev, 1er danseur étoile de l’Opéra de Paris, directeur du ballet, Serge Lifar est aussi un chorégraphe extrêmement fécond — près de 200 pièces —, qui a donné lieu à de purs joyaux mêlant prouesses techniques, innovation et virtuosité.


Icare
Sur une île bordée de hautes falaises, l’architecte Dédale et son fils Icare sont prisonniers du roi de Crète qui a fait construire à Dédale le labyrinthe où le Minotaure est enfermé. Les deux hommes fabriquent des ailes avec de la cire et des plumes d’oiseau…
Ce thème souvent traité en peinture prend une dimension particulière en Danse. Le danseur ne cherche-t-il pas comme Icare à se soustraire aux lois de la pesanteur par une chorégraphie toute en saltation périlleuse ? Mais le véritable événement est ailleurs. Appliquant les idées de son Manifeste, Lifar inverse la hiérarchie traditionnellement établie entre Musique et Danse. Il commande à Honegger une partition (sous contrat zvec Ida Rubinstein, Honegger ne peut la signer et doit en laisser la paternité officielle à Szyfer), déroutante puisque les percussions obéissent aux rythmes imposés par la danse. Après Lifar, Attilio Labis et Charles Jude (actuellement directeur du Ballet de l’Opéra National de Bordeaux) s’illustrent dans le rôle.

L’après-midi d’un faune
A l’origine du ballet, le poème de Mallarmé présente un faune cherchant à perpétuer par le souvenir la trouble émotion provoquée par la rencontre de nymphes…
Debussy, dans son Prélude, évoque cette rencontre, que Nijinski transforme en un ballet centré sur la mise en scène de la naissance du désir. Il transforme ainsi le spectateur en voyeur, provoquant le scandale que l’on sait à la création. La gestuelle de Nijinski, par ses mouvements lents et angulaires, qui insistent sur les appuis au sol, veut retrouver la force des images des vases grecs, présentant le Faune et les nymphes comme sur deux frises qui se dérouleraient en parallèle.
 
Suite en blanc
Serge Lifar produit un ballet abstrait, sommet de la chorégraphie néoclassique dont toutes les possibilités sont explorées. Illustration du Manifeste du chorégraphe et de son traité de la danse, cette oeuvre s’inscrit dans un mouvement abstrait qui naît avec Les Sylphides de Fokine.
« Suite en blanc est une véritable parade technique, un bilan de l’évolution de la danse académique depuis quelques années, une facture présentée à l’avenir par le chorégraphe d’aujourd’hui […]. En composant Suite en blanc, je ne me suis préoccupé que de danse pure, indépendamment de toute autre considération. J’ai voulu créer de belles visions, des visions qui n’aient rien d’artificiel, de cérébral. Il en est résulté une succession de véritables petites études techniques, de raccourcis chorégraphiques indépendants les uns des autres, apparentés entre eux par un même style néoclassique. »
Extrait de Le Livre de la danse, Serge Lifar, Editions du Journal Musical Français, Paris, 1954.


Distribution

  • Date 28 octobre 2014
  • Durée 1min
  • Production Oxymore
  • Réalisation Yan Proefrock
  • Chef d'orchestre Nathan Fifield
  • Orchestre Orchestre National de Bordeaux Aquitaine
  • Icare Chorégraphie et rythmes - Serge Lifar / Compositeur - Joseph-Emile Szyfer / Décors & Costumes - Paul Larthe, Pablo Picasso
  • Prélude à l'après-midi d'une Faune Chorégraphie - Serge Lifar d'après Nijinsky / Compositeur - Claude Debussy
  • Suite en Blanc Chorégraphie et rythmes - Serge Lifar / Compositeur - Edouard Lalo (extraits de "Namouna")
  • Danseurs Ballet de l'Opéra National de Bordeaux / Direction Charles Jude